Cameroun Actuel

Rareté des pièces : une affaire devenue monnaie courante

Malgré les dispositions prises par la Beac, la pénurie de la petite monnaie reste préoccupante.

Direction nationale de la Banque des Etats de l’Afrique centrale, sise à côté des services du Premier ministère. Il n’est que 10 heures le 13 juillet 2021. Des indiscrétions renseignent qu’au moins trois entreprises commerciales viennent de quitter les locaux de la bâtisse.

« Chaque jour, des entreprises entrent au bureau de l’émission de la monnaie et y ressortent chacune au moins avec un million Fcfa en pièces de 50 Fcfa et de 100 Fcfa », renseigne un interlocuteur sous cape. Des sources bien introduites renchérissent : « des responsables des supermarchés changent au moins 12 millions Fcfa par semaine ».

Un agent de la direction nationale de la Beac déclare qu’au vue de ces témoignages, le problème se trouve ailleurs et non à leur niveau. Des piles de décharges de ces entreprises sont encore rangées sur sa table. Il ne peut les mettre à la disposition du public qu’avec l’autorisation du directeur national. Pour cer-tains usagers, ces explications ne tiennent pas.

« Les pièces sont rares. C’est à la Beac de résoudre ce problème », en émettant plus de monnaie métallique comme c’est le cas avec de nouveaux billets durs de 500 et de 1000 Fcfa.

« Les bébés chinois »

Très tôt au marché manguier ce matin, des jeunes prennent d’assaut une salle de jeux. Ils occupent les 15 PS (Play station) et les trois machines à sous communément appelées « bébés chinois ». Pour le gérant de la salle, Serges Talom, pour avoir accès à ces machines, il faut y introduire la pièce de 50 ou de 100 Fcfa.

A l’intérieur de son box d’un m2 et de 2 mètres de hauteur, construit en bois, des pièces métalliques sont rangées sur la table. Il s’agit surtout des pièces appelées « jetons ou kobo» commandées par le promoteur de la salle et quelques pièces normales en circulation.

Le jeune Bryan vient de remettre un billet de 1000 Fcfa au gérant pour deux « jetons » à mettre dans un bébé chinois. Serges lui rembourse 800 Fcfa en se vidant des pièces normales qu’il possédait. « Nous avons aussi des problèmes de pièces ».

Pour lui, la rareté des pièces est causée par « nos confrères qui exploitent les bébés chinois en utilisant la monnaie en circulation ». D’après lui, ces exploitants ne veulent pas investir dans la fabrication des pièces spéciales. « Ils sont méchants, parce qu’ils collectent les pièces pour les revendre soit aux chinois soit aux gars de l’Avenue Kennedy ».

A ce dernier lieu, des points de vente des pièces ne se cachent plus. Pour avoir les pièces de 50 000, il faut payer 7 500 Fcfa. Pour l’un d’eux, « c’est notre manière d’aider des gens qui souffrent des problèmes de pièces », ajoute-t-il, avant de conclure, « d’autres vendent 10 000 à 2000 Fcfa. S’il n’y a pas de preneur, ça reste là. On ne les nourrit pas ».

Mutations

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