Alors que le Cameroun se prépare à l’élection présidentielle du 12 octobre, une délégation de chefs traditionnels de la région de l’Ouest s’est rendue au Palais de l’Unité le 12 août pour apporter son soutien au président sortant Paul Biya.
La délégation a été reçue par Ferdinand Ngoh Ngoh, président du comité stratégique chargé d’orchestrer la campagne de Biya.
Cependant, cette démonstration d’unité a été incomplète. Sa Majesté Sokoudjou Jean-Rameau, roi de Bamendjou, figure éminente et influente de la région, brillait par son absence.
Son absence a suscité des spéculations et alimenté le discours d’une dissidence croissante au sein des chefs traditionnels.
Si la majorité des chefs de la région de l’Ouest ont publiquement soutenu la candidature de Biya, la décision du roi de Bamendjou de décliner l’invitation au palais d’Etoudi est éloquente.
Aucune raison officielle n’a été donnée pour son absence, mais elle fait suite à une déclaration forte du doyen des chefs traditionnels du Cameroun quelques jours auparavant.
Le doyen a exhorté l’opposition à s’unir et à défier stratégiquement Paul Biya lors des prochaines élections de 2025.
L’absence du roi de Bamendjou est donc interprétée par beaucoup comme une forme de protestation silencieuse mais puissante.
Les chefs traditionnels de différentes régions du Cameroun se sont relayés pour apporter leur soutien au président Paul Biya, 92 ans, candidat aux élections d’octobre pour un huitième mandat.
Des mois plus tôt, l’association des chefs traditionnels du Cameroun avait apporté son soutien à Biya. Les chefs traditionnels des régions du nord du pays, à majorité musulmane, lui ont emboîté le pas.
En juillet, les chefs traditionnels des groupes Sawa des régions du Sud, du Littoral et du Sud-Ouest ont également apporté leur soutien à Biya, appelant le dirigeant de longue date à rester au pouvoir malgré ses 42 ans de mandat.
Biya est connu pour avoir remporté toutes les élections auxquelles il s’est présenté depuis 1992, malgré des allégations de fraude, de truquage et d’achat de voix de la part de son parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais.
Dans une circulaire adressée aux militants du parti fin juillet dernier, il leur a déclaré que l’ambition du RDPC était de remporter une victoire décisive lors des prochaines élections.
De nombreux critiques et observateurs, dont l’archevêque pragmatique de Douala, Mgr Samuel Kleda, estiment que Biya et les membres de son parti au pouvoir ont déjà déterminé l’issue du scrutin, à deux mois du scrutin.
Il a qualifié l’élection de gaspillage des ressources du pays, laissant entendre qu’aucun changement ne surviendrait tant que Biya se présenterait.







