Les efforts visant à unifier l’opposition camerounaise en vue de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 se sont heurtés à un nouvel obstacle après l’échec des trois jours de réunion du Groupe de Foumban à Yaoundé, qui se sont soldés par l’absence d’accord sur un candidat unique de coalition consensuel.
Cette réunion très attendue, qui a réuni les principaux acteurs politiques, visait à désigner un candidat de l’opposition capable de rivaliser sérieusement avec le président Paul Biya, 92 ans, lors des prochaines élections.
Malgré de multiples séances de négociations, les délégués n’ont pas réussi à se rallier à une personnalité unique, ce qui a suscité de nouveaux appels à une réunion de suivi décisive à Buea.
Résolutions adoptées à Yaoundé
Bien qu’aucun candidat n’ait été retenu, les participants ont convenu de deux mesures majeures pour faire avancer la coalition :
- Création d’un comité technique pour consolider un programme commun
Ce comité harmonisera les visions politiques, sociales et économiques des candidats participants afin de créer une plateforme commune inspirant l’espoir et apportant un changement significatif aux citoyens camerounais.
- Création d’un groupe de travail pour la gestion des représentants des bureaux de vote
Ce groupe de travail coordonnera le déploiement des représentants de la coalition dans les bureaux de vote du pays et à l’étranger, garantissant ainsi la transparence et la sécurité du processus électoral.
Me Agbor Balla, avocat spécialisé dans la défense des droits humains et fondateur du Centre pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique (CHRDA), a souligné l’urgence de la situation :
« Le temps presse et chaque jour compte », a-t-il déclaré, avertissant que l’absence d’un candidat unifié pourrait affaiblir les chances de l’opposition. « L’élan de Foumban et de Yaoundé doit maintenant se traduire par des actes, et agir signifie choisir un candidat capable de mener le peuple souverain à la victoire en octobre.»
Pourquoi Buea est perçue comme la ville décisive
Les précédentes réunions de Foumban et de Yaoundé n’ayant abouti à aucune avancée, Buea se positionne désormais comme le lieu de l’ultime effort vers un consensus. Les organisateurs espèrent que cela permettra de conclure le processus de coalition et de présenter aux Camerounais un candidat unique à temps pour la campagne électorale.
Contexte
Les discussions entre certains leaders de l’opposition camerounaise sur le choix d’un candidat consensuel en étaient déjà au troisième jour avant la fin de la réunion de Yaoundé. L’objectif a toujours été de se rallier à une personnalité pour défier le président sortant.
La troisième série de discussions a débuté un vendredi et s’est poursuivie samedi. Des sources présentes à la réunion ont indiqué au MMI qu’un candidat pourrait être annoncé d’ici le dimanche 10 août.
Parmi les participants figuraient Issa Tchiroma Bakary (FNSC), Akere Muna (Univers), Patricia Ndam Njoya (UDC), Serge Espoir Matomba (PURS), Ateki Seta Caxton (PAL) et Prince Ekosso (USDP). Parmi eux, cinq partis politiques ont été approuvés par l’instance électorale camerounaise, ELECAM, pour participer à l’élection.
Cependant, certains responsables politiques présents aux séances précédentes étaient absents des tours suivants. Maurice Kamto, exclu du scrutin, a participé à la première réunion, mais pas aux deuxième et troisième, le Conseil constitutionnel ayant confirmé la décision d’ELECAM de rejeter sa candidature. Hilaire Zipang, dont l’approbation a également été annulée, a également disparu des tours suivants.
Principaux partis absents des négociations
Sur les 11 candidats de l’opposition validés, plusieurs sont restés absents des discussions de coalition. Joshua Osih (SDF), Bello Bouba Maigari (UNDP) et Cabral Libii (PNR) n’ont assisté à aucune des sessions jusqu’à présent.
Au troisième tour, Hiram Samuel Iyodi, le plus jeune candidat, était initialement représenté par Denis Émilien Atangana, mais s’est ensuite retiré. Jacques Bougha Hagbe n’a pas non plus été mentionné lors des réunions récentes.
Le deuxième jour des négociations, Issa Tchiroma Bakary a quitté le pouvoir, mais a promis de « respecter toute décision prise ». Selon certaines sources, les dirigeants de la coalition prévoient toujours de dialoguer avec les partis absents une fois qu’un candidat consensuel aura été choisi et pourraient également impliquer des groupes de la société civile.
Bien que le SDF se soit déclaré « ouvert à la coalition », il n’y a pas participé. Le secrétaire adjoint du parti chargé de l’éducation et de la formation politiques, Ndifor Richard, a déclaré au MMI que Joshua Osih préférait attendre que les décisions du Conseil constitutionnel soient rendues avant d’entamer des discussions de coalition.
Alors que le temps presse avant le vote d’octobre, la réunion de Buea est désormais considérée comme la dernière occasion réaliste pour l’opposition camerounaise de s’unir sous une même bannière et de contester de manière crédible le règne du président Biya, vieux de plusieurs décennies.
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