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Présidentielle 2025 : les chefs traditionnels du Nord réaffirment leur soutien à Paul Biya

Les chefs traditionnels des trois régions du Nord ont apporté leur soutien au président Paul Biya, âgé de 92 ans.

En 42 ans de pouvoir, il a tout fait, sauf mettre fin au chômage, fournir des services sociaux de base et endiguer les taux élevés d’analphabétisme dans les régions les plus défavorisées du pays.

Les lamidos des régions de l’Adamaoua, de l’Extrême-Nord et du Nord ont été reçus à la présidence le 14 août par le secrétaire général, Ferdinand Ngoh Ngoh, où ils se sont engagés à aider le plus vieux président du monde à obtenir un nouveau mandat de sept ans.

Ils ont réitéré leur « soutien indéfectible » à Paul Biya et se sont engagés à le soutenir pendant et après le scrutin du 12 octobre.

L’entretien des Lamodos avec Ngoh Ngoh a porté sur le renforcement de la collaboration entre l’État et les autorités traditionnelles pour maintenir le pouvoir de Paul Biya.

Yerima Housseini, représentant le lamido de Kalfou, figurait parmi les participants. D’autres émissaires étaient porteurs de mandats de chefs et de lamidos notables des régions concernées.

Ils étaient le dernier groupe de chefs traditionnels à s’engager publiquement en faveur du Président, après les chefs Sawa, les Fons du Nord-Ouest et les chefs traditionnels de l’Ouest.

Cette réunion s’est tenue à un moment où les régions du Nord, de l’Adamaoua et de l’Extrême-Nord du Cameroun sont confrontées à des défis uniques, allant des problèmes de sécurité liés aux insurrections transfrontalières aux questions de gouvernance locale et de développement.

L’ancien ministre et désormais candidat de l’opposition, Issa Tchiroma Bakary, lui-même originaire du Nord, décrit le règne de Biya sur son peuple comme « 42 ans de misère ».

Il y a quelques mois, s’adressant aux partisans de son parti, le FSNC, à Garoua, il leur a demandé de le considérer comme un ennemi s’il leur demandait de voter pour le parti responsable de leurs malheurs.

Il a démissionné du gouvernement quelques jours plus tard et figure désormais parmi les 11 candidats qui cherchent à défier le président sortant Paul Biya lors des élections.

La démarche de Biya pour solliciter le soutien des chefs traditionnels est perçue comme une tentative désespérée de s’assurer la victoire. Le ressentiment envers son règne prolongé s’accroît.

Biya a récemment perdu deux alliés clés dans les régions du Nord : Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maigari, qui dirigent les principaux partis politiques du Nord.

Ils ont récemment démissionné de leurs postes ministériels et se sont présentés chacun à leur tour à la présidentielle pour défier Biya.

Sans leur soutien, les observateurs estiment qu’il est difficile pour Biya de remporter la victoire dans le Nord, qui lui a historiquement offert le plus de voix.

S’agissant des lamidos, Biya espère tirer parti de leur influence en tant que médiateurs dans les conflits communautaires, facilitateurs de l’aide humanitaire et défenseurs du développement local pour gagner des voix.

Au Cameroun, les autorités traditionnelles sont considérées comme des partenaires essentiels de la gouvernance, jouant un rôle majeur dans la mobilisation communautaire, la résolution des conflits et la préservation du patrimoine culturel.

L’audience d’aujourd’hui reflète la dépendance continue du président Paul Biya à l’égard de ces institutions pour se maintenir au pouvoir.

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