À l’approche d’élections présidentielles cruciales au Cameroun, les évêques catholiques de tout le pays ont intensifié leurs efforts d’engagement civique, appelant les citoyens à voter avec intégrité, à protéger leur vote et à participer activement à l’avenir du pays.
Plus récemment, Mgr Paul Lontsie-Keune, évêque du diocèse de Bafoussam, a adressé un message fort encourageant les électeurs à prendre des décisions éclairées et à résister à l’intimidation politique.
« Votez en conscience, protégez votre vote »
S’adressant à des milliers de fidèles lors d’un pèlerinage à Douelong, Bamougoum, dans la région de l’Ouest, Mgr Lontsie a souligné le caractère décisif de l’élection présidentielle de cette année.
S’appuyant sur le message collectif de la dernière lettre pastorale des évêques du Cameroun, il a conseillé aux chrétiens de voter en conscience et a averti que tout manquement à cette obligation pourrait avoir des conséquences.
« Vous avez pour mission de participer aux élections… restez engagés pour construire ce beau pays qui nous appartient à tous », a-t-il déclaré, encourageant les chrétiens à s’engager en politique sans compromettre leurs valeurs.
Citant le regretté artiste camerounais Lapiro de Mbanga, l’évêque a rappelé à l’assemblée : « Cette année ne fait pas d’erreur ». Il a souligné l’importance de la responsabilité politique comme partie intégrante du devoir chrétien.
Confronter les critiques concernant l’engagement politique
Mgr Lontsie a également répondu aux critiques adressées à l’Église catholique pour son implication perçue en politique. « Lorsque les évêques dénoncent l’achat de voix et autres malversations politiques, contraires à la doctrine catholique, certains répondent systématiquement : « Cela ne vous concerne pas » », a-t-il déclaré.
Répondant à ses détracteurs, l’évêque a affirmé que l’Église se soucie du bien-être des Camerounais et a l’obligation morale de dénoncer l’injustice et la corruption. Il a déclaré que chacun a le droit de voter pour le candidat de son choix, mais qu’il doit le faire en accord avec sa conscience et le bien commun.
Appel à résister à l’intimidation
Mgr Lontsie a exhorté les chrétiens à ne pas se laisser réduire au silence par la peur. Il a qualifié l’intimidation de « démon » qui cherche à décourager la participation au processus démocratique. « Ne mourez pas avant votre mort », a-t-il exhorté, faisant référence à ce qu’il a appelé métaphoriquement le « pays du “Si j’avais su” », un lieu pour ceux qui regrettent de ne pas avoir agi.
Il a également mis en garde contre la répression et l’exclusion politiques, affirmant que tous les candidats devraient être autorisés à faire campagne librement dans toutes les régions du pays. L’évêque a condamné la violence qui accompagne parfois le processus électoral, appelant au calme et au respect mutuel.
Inscrivez-vous, votez et protégez le processus
Dans son message, l’évêque Lontsie a appelé tous les citoyens éligibles à s’inscrire aux élections et à retirer leur carte d’électeur. Il a déclaré que le refus de voter constitue un manquement à la charité civique et a exhorté les chrétiens à s’impliquer pleinement pour garantir un processus électoral transparent.
« Votez et protégez vos votes », a-t-il souligné. « L’évangélisation et le bien-être des Camerounais sont les préoccupations des évêques. Au nom de l’amour du peuple et de la patrie, nous nous engageons pour des élections justes et transparentes. »
Échos d’un consensus épiscopal plus large
Les propos de Mgr Lontsie font suite aux appels croissants d’autres membres de l’épiscopat camerounais en faveur d’un renouvellement du leadership. Plus tôt cette année, Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, a qualifié d’irréaliste l’idée d’un nouveau mandat pour le président Paul Biya, invoquant l’âge avancé du président et le besoin d’un nouveau leadership pour le pays. Mgr Barthélemy Yaouda Hourgo, évêque de Yagoua, a fait écho à ce sentiment : « Ça suffit !»
Par ailleurs, Mgr Emmanuel Abbo, évêque de Ngaoundéré, a exprimé son inquiétude face à la répression de la dissidence et a souligné la nécessité d’un dialogue inclusif dans un contexte politique tendu.
Un rôle continu dans le développement démocratique
L’Église catholique au Cameroun, qui représente une part importante de la population, continue de se positionner comme une référence morale lors des prises de décisions nationales. Tout en préservant son indépendance politique, l’Église reste fermement engagée à promouvoir une culture de paix, de participation et de responsabilité.
Alors que le pays se dirige vers les élections de 2025, les voix des évêques soulignent encore davantage le rôle essentiel que les chefs religieux peuvent jouer dans la promotion des valeurs démocratiques et de la responsabilité civique.
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