Le candidat du Mouvement citoyen national camerounais (MCNC) à l’élection présidentielle du 12 octobre, le Dr Jacques Bouhga Hagbe, a dévoilé son plan de transformation du pays s’il est élu président.
Le candidat à la présidentielle, qui est également secrétaire général du MCNC, a dévoilé ce plan ambitieux à Yaoundé le mercredi 13 août.
L’événement a été organisé pour partager la vision, les priorités et les propositions du candidat avec la presse. Il a été marqué par le lancement de son livre de 500 pages intitulé « Kamerun, Propositions pour un nouveau départ ».
Présent lors de l’événement, le porte-drapeau du MCNC a affirmé que le Cameroun peut se développer en quelques années s’il entreprend des réformes économiques, sociopolitiques et culturelles fondamentales et s’il œuvre résolument en faveur d’une plus grande intégration africaine et de la démocratisation de l’ONU.
Compte tenu de la richesse de ses ressources humaines, matérielles et naturelles, le Dr Bouhga a estimé que le Cameroun pouvait se développer très rapidement sans « l’aide extérieure », ni l’aide des puissances occidentales ou des institutions financières internationales.
« Le Cameroun est bien plus riche que ces “institutions internationales”. En réalité, nous mendions de l’argent auprès de personnes moins fortunées que nous. Ce comportement honteux doit cesser cette année », a déclaré le Dr Bouhga, avant de souligner que « nous devons simplement réorganiser l’utilisation de ces ressources ».
… Il a également proposé un nouveau modèle de financement de l’économie, qu’il a qualifié de « modèle populaire » ou de « modèle à 100 francs », car une dépendance excessive à l’égard de l’État, des prêts bancaires, de quelques investisseurs fortunés ou des institutions internationales ne peut fonctionner pour un pays comme le Cameroun, où les besoins d’investissement dans des secteurs comme l’électricité et le réseau routier sont très élevés.
« Il est préférable pour l’économie de financer un projet d’un milliard de dollars avec dix millions d’investisseurs investissant chacun 100 francs plutôt qu’avec un seul investisseur investissant 1 milliard. Les retombées économiques du projet pour le pays ne seront pas les mêmes. Le Cameroun, comme d’autres pays en développement, a commis une erreur en privilégiant le « modèle à un milliard de dollars » au lieu du « modèle à 100 francs », a-t-il avancé.
Concernant la monnaie du pays, le Dr Bouhga a reconnu que, bien que le franc CFA ne soit pas la source de ses problèmes, il a freiné le pays en raison de sa parité avec l’euro, n’offrant pas suffisamment de flexibilité pour financer l’économie camerounaise et ne facilitant pas l’ajustement de l’économie face aux chocs.
Ainsi, l’économiste camerounais, fort de 22 ans d’expérience au FMI, a prôné la sortie du franc des colonies françaises d’Afrique, de la zone CFA et le lancement d’un nouveau système monétaire national appelé Fonds monétaire africain (FMA) avec le « Droit de tirage africain » (DTA).
Plébiscité le 12 octobre, Bouhga s’est engagé à mettre en place un système de polices d’assurance maladie négociées par le gouvernement avec des entreprises privées et une « entreprise populaire » pour construire et gérer les hôpitaux, tandis que l’État se concentrerait sur l’éducation et la recherche, les affaires sociales, la justice, la sécurité et la défense.
Réformes institutionnelles
Appelant également le soutien et les votes des Camerounais, le Dr Bouhga s’est engagé à réformer en profondeur les institutions, notamment le système judiciaire.
« Une Cour suprême indépendante devra contrôler l’ensemble du processus électoral, de l’inscription des électeurs à la proclamation des résultats. Les juges de la Cour suprême seront nommés par le Président de la République, mais ce choix devra être confirmé par le peuple par référendum », a-t-il déclaré à la presse.
Selon la proposition de M. Bouhga, la Cour suprême pourrait destituer le Président de la République s’il viole certains articles de la Constitution, notamment ceux relatifs aux mandats présidentiels, ainsi qu’à l’obligation pour le Président de la Cour suprême d’assurer l’intérim en cas de vacance présidentielle et d’organiser des élections dans les 90 jours suivant sa prise de fonctions.
Vote massif pour éviter la fraude
Selon le candidat du MCNC, ces propositions, parmi d’autres contenues dans son livre récemment publié, suffisent à convaincre les électeurs de voter le jour du scrutin.
« Ce n’est pas un rêve. C’est un projet de société que je peux rapidement mettre en œuvre », a-t-il assuré, avant de réitérer les appels aux Camerounais, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, pour le soutenir.
Il a également insisté sur la nécessité de voter massivement le jour du scrutin, estimant qu’un changement de régime peut se faire « proprement et pacifiquement ».
« La politique, c’est comme le football. Il faut d’abord gagner mentalement… car tout se passe dans la tête. Quand on y croit et qu’on met tout en œuvre pour y parvenir, on réussit. Dans notre cas, gagner mentalement signifie prendre toutes les mesures nécessaires pour voter le 12 octobre 2025. Si nous sommes nombreux à aller voter, nous gagnerons même en cas de fraude », a-t-il déclaré.
Qui est Jacques Bouhga ?
Né le 30 novembre 1974, le Dr Jacques Bouhga Hagbe est un économiste camerounais et un éminent panafricaniste.
Il possède un parcours universitaire remarquable : un doctorat en économie de l’Université Cornell (États-Unis), une maîtrise en économie de l’Université McGill (Québec-Canada) et une maîtrise en ingénierie générale, mathématiques et physique de l’École Centrale des Arts et Manufactures de Paris (France).
Ayant travaillé comme économiste au Fonds monétaire international (FMI) pendant environ 22 ans, le Dr Bouhga possède une vaste expérience sur diverses questions économiques en Afrique et dans les Amériques.
Son expertise couvre des domaines cruciaux tels que la politique budgétaire et monétaire, la gestion des finances publiques et les défis complexes auxquels sont confrontés les pays en développement.
Le Dr Bouhga-Hagbe croit fermement à l’immense potentiel de l’Afrique. Il est convaincu qu’avec un leadership visionnaire et des politiques économiques saines, le Cameroun et l’ensemble du continent africain peuvent réaliser des progrès remarquables, répondant ainsi aux aspirations de leurs citoyens et de leur diaspora.







