Elections Cameroon (Elecam) a tranché : pour la présidentielle du 12 octobre 2025, fini les affiches électorales géantes. L’organe en charge des élections impose désormais un format unique de 60 x 40 cm pour tous les candidats.
Une mesure qui, selon Elecam, vise à mettre un terme à la « surenchère visuelle » et à rééquilibrer les moyens de communication entre prétendants au fauteuil présidentiel.
Cette décision rompt avec des décennies de campagnes dominées par des bâches démesurées, symboles d’inégalités criantes entre le parti au pouvoir et une opposition financièrement fragilisée. Pour certains observateurs, l’initiative pourrait réduire ces déséquilibres.
Mais d’autres y voient surtout un geste cosmétique, tant les écarts de ressources et d’accès aux médias restent largement en faveur du régime en place.
En plus du format, Elecam exige que chaque affiche et profession de foi soit validée avant diffusion. Le régulateur se réserve le droit de censurer tout message jugé violent, discriminatoire ou attentatoire à l’unité nationale.
Si cette disposition peut encadrer les excès, elle alimente aussi les inquiétudes quant à une possible restriction de la liberté d’expression des candidats.
Cette nouvelle donne contraint les équipes de campagne à revoir leurs priorités. Sans la force de frappe des affiches géantes, elles devront miser sur d’autres leviers : communication digitale, porte-à-porte, meetings de proximité.
En clair, l’élection présidentielle de 2025 pourrait se jouer moins dans l’occupation visuelle de l’espace public que dans la capacité à convaincre, mobiliser et s’adapter à un terrain politique de plus en plus disputé.







