À quelques semaines du scrutin du 12 octobre 2025, Cabral Libii, candidat du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN), sème le doute sur sa véritable stratégie.
Invité du Journal Afrique sur TV5 Monde, il a minimisé l’importance d’une coalition de l’opposition, tout en reconnaissant que l’union pouvait favoriser une alternance. Un discours paradoxal qui révèle l’ambiguïté de sa posture : prôner le rassemblement dans ses interventions publiques, tout en relativisant son urgence lorsqu’il est directement interpellé.
Journaliste : « Hier, vous avez appelé les candidats d’opposition à se coaliser, mais qu’en est-il de vous-même ? »
Cabral Libii : « La priorité pour les Camerounais actuellement, ce n’est pas de coaliser. Je vais vous étonner : historiquement, depuis 1992, les trois premiers à chaque élection présidentielle remportent plus de 95 % des suffrages. L’électeur camerounais est rationnel. Mais, sur le terrain, il dit : si vous mutualisez, vous augmentez vos chances. Même si ce n’est pas la priorité, c’est vrai. »
Un rappel qui sonne comme une justification, alors que Cabral Libii avait déjà annoncé, il y a quelques mois, être prêt à renoncer à sa candidature pour un projet de transition. Pressé sur cette contradiction, il nuance : « Le contexte a changé. Aujourd’hui, je propose trois étapes : un projet commun, une stratégie commune pour la surveillance du vote, et des critères objectifs pour désigner l’un d’entre nous. »
Ce virage stratégique, qui déplace la question de l’unité vers un processus à long terme, traduit davantage une volonté de préserver sa place qu’une ouverture immédiate.
En s’attaquant ensuite aux « septuagénaires » de l’opposition, qu’il appelle à se regrouper pour « éviter la confusion », Cabral Libii joue une carte générationnelle risquée, qui peut séduire une partie de la jeunesse, mais aussi diviser davantage un camp déjà fragmenté.
Et s’il termine sur une note d’optimisme : « Cette année, une surprise se prépare au Cameroun… Les Camerounais se mobilisent pour mettre fin à la fraude électorale », son double discours entretient un flou stratégique.
Entre appel à l’unité et mise en garde contre « l’impuissance apprise », Cabral Libii continue de marcher sur une ligne fine, laissant planer le doute sur sa véritable priorité : la victoire collective de l’opposition ou sa propre percée électorale.
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