Certains partis d’opposition et candidats agréés par ELECAM pour l’élection présidentielle d’octobre 2025 réclament l’impartialité du Conseil constitutionnel concernant Maurice Kamto, dont la candidature a été rejetée après avoir été présentée sous l’étiquette du MANIDEM.
Dans un communiqué publié le 28 juillet, le candidat à la présidentielle, Maître Akere Muna, a exprimé sa profonde préoccupation face au rejet de la candidature du professeur Kamto.
« Ce rejet, parmi d’autres, repose sur des motifs incompatibles avec les faits et les dispositions de l’article 121 du Code électoral, notamment l’article 5, alinéa 2 », a-t-il déclaré.
Il a insisté sur le fait que « justice doit non seulement être rendue, mais aussi être perçue comme telle », insistant sur la nécessité de préserver la confiance du public dans le système judiciaire.
L’ancien ministre de l’Enseignement professionnel et aujourd’hui candidat à la présidentielle, Issa Tchiroma Bakary, a également appelé les autorités à autoriser Maurice Kamto à participer à l’élection, affirmant que cela renforcerait la crédibilité du processus démocratique.
« J’exige avec force et fermeté que le professeur Maurice Kamto soit rétabli dans ses droits et se voie accorder, sans restriction, les prérogatives que la loi lui reconnaît, au même titre que tout acteur politique ou citoyen protégé par la Constitution », a-t-il déclaré.
Tchiroma a précisé que son recours ne visait pas à contester l’autorité d’ELECAM, mais reposait sur sa conviction que Kamto, compte tenu de son expertise juridique internationalement reconnue, avait pris toutes les mesures légales nécessaires pour se conformer aux exigences électorales.
Il a exhorté ELECAM et toutes les institutions concernées à faire preuve de la plus grande prudence dans la gestion du processus électoral et a adressé un message de solidarité à Kamto :
« Nos parcours politiques peuvent être différents, mais notre aspiration commune à une justice équitable nous unit. En tant que patriotes, nous devons ensemble défendre les droits et les libertés de tous les Camerounais, en veillant à ce que nul ne soit exclu du processus démocratique, sauf par la volonté souveraine du peuple », a-t-il déclaré.
De son côté, Mamadou Yakouba, président national par intérim du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a déclaré que l’absence de Kamto de la liste des 13 candidats validés n’était pas une surprise. « Cela ne fait que confirmer les rumeurs qui circulaient depuis plusieurs jours », a-t-il fait remarquer.
« Compte tenu du comportement partisan d’ELECAM, que nous avons constamment dénoncé et que nous considérons comme un outil du régime RDPC au pouvoir pour bloquer toute véritable transition démocratique, nous n’aurions jamais pu imaginer que cet organisme irait aussi loin dans sa tromperie. »
Il a critiqué la justification du rejet par ELECAM, fondée sur les « multiples soutiens », la qualifiant de prétexte inventé.
Tomaino Ndam Njoya, la seule femme dont la candidature a été validée par ELECAM, a également exprimé sa solidarité avec les personnes dont les dossiers ont été rejetés.
« Nous espérons que le Conseil constitutionnel examinera attentivement leurs recours et leur permettra de rejoindre ce mouvement collectif », a-t-elle déclaré.
Par ailleurs, 35 requêtes ont été déposées auprès du Conseil constitutionnel avant la date limite du 28 juillet à minuit, contestant le rejet des candidatures aux prochaines élections.
Le Conseil constitutionnel a désormais dix jours pour statuer sur les recours et publier la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle du 12 octobre.







