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Plus de 6,9 millions de Camerounais vivent désormais avec moins de 1 200 francs CFA par jour

Malgré une baisse notable de l’inflation, la pauvreté reste généralisée au Cameroun.

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur la situation économique du Cameroun, le nombre de personnes vivant avec moins de 1 200 francs CFA (2,15 dollars en parité de pouvoir d’achat de 2017) par jour est passé de 6,2 millions en 2021 à plus de 6,9 millions en 2024. Le taux de pauvreté international est ainsi passé de 22,8 % en 2022 à 23,3 % en 2024.

Le rapport, publié le 14 juin, attribue la pauvreté persistante à la faible croissance économique, à la croissance démographique rapide et à la création limitée d’emplois.

Entre 2023 et 2024, l’incidence de la pauvreté urbaine a presque doublé et le nombre de personnes pauvres vivant en zone urbaine a plus que doublé, remodelant le profil de pauvreté du pays.

Le rapport de la Banque mondiale explique en outre que l’urbanisation s’accélère au Cameroun, 60 % de la population résidant désormais en zone urbaine.

Des facteurs tels que l’escalade des conflits, les catastrophes naturelles et la recherche de meilleures perspectives économiques et de meilleurs services ont favorisé l’exode rural au cours des deux dernières décennies.

Cependant, les migrants ruraux vers les villes sont confrontés à des taux de pauvreté plus élevés que les autres citadins, l’urbanisation rapide ne s’accompagnant pas d’une transformation structurelle favorisant la productivité, indique le rapport.

Si les niveaux de pauvreté sont restés élevés, l’inflation a considérablement diminué, passant de 7,4 % en 2023 à 4,5 % en 2024. Cette désinflation a été soutenue par un resserrement de la politique monétaire, un contrôle des prix et une réduction de l’inflation importée.

Ce phénomène s’est produit malgré deux hausses des prix des carburants à la pompe, en février 2023, puis en mars 2024, suite à la réduction des subventions, qui ont culminé à 3 % du PIB en 2022.

La Banque mondiale souligne que la baisse de l’inflation est principalement due à une moindre hausse des prix des biens produits localement et, dans une moindre mesure, des biens importés.

Les prix des denrées alimentaires ont joué un rôle majeur, passant de 10,4 % en 2023 à 5,6 % en 2024. L’inflation des prix des transports a également diminué, passant de 16,2 % en 2023 à 12,3 % en 2024.

L’inflation des prix de l’énergie a légèrement diminué, s’établissant à 7,7 % fin 2024, contre 8,8 % l’année précédente.

En termes de performance économique au sein de la zone CEMAC, le Cameroun a enregistré l’un des taux de croissance les plus élevés, avec une croissance du PIB réel de 3,5 % en 2024, contre 3,2 % en 2023, principalement tirée par l’augmentation des exportations de cacao et de coton. Seul le Tchad a fait mieux, avec un taux de croissance de 3,7 %.

Sur le plan budgétaire, la Banque mondiale constate que la dette extérieure et la dette publique globale du Cameroun restent soutenables, bien que le pays soit toujours classé comme présentant un risque élevé de surendettement en raison de contraintes de liquidités.

Le Cameroun est désormais confronté à un délicat équilibre entre le maintien des dépenses publiques et la gestion de sa vulnérabilité croissante à la dette, dans un contexte de resserrement de la marge de manœuvre budgétaire.

Face à cette situation, le gouvernement a récemment révisé le budget de l’État pour 2025, le portant de 7 317,7 milliards de FCFA à 7 735,9 milliards de FCFA, conformément à l’ordonnance présidentielle du 11 juillet 2025.

Pour financer le déficit et maintenir l’équilibre budgétaire, il a approuvé un emprunt pouvant atteindre 930 milliards de FCFA, dont 600 milliards de FCFA par le biais de titres publics sur le marché financier national et 330 milliards de FCFA sur les marchés financiers extérieurs.

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