Cameroun Actuel

Pk12: tensions foncières à Mandjab

Les populations de ce quartier de Douala III s’opposent à un projet de lotissement initié par un privé, accusé de filouterie de terrain sur la base d’un titre foncier jugé irrégulier.

Ce matin du lundi 13 septembre, le quartier Manjab (à Pkl2, dans l’arrondissement de Douala III) a été investi par des éléments de la police (Gmi). Vers l’entrée du lycée Ndong-Hem, un camion antiémeute est stationné…

Plus loin, à quelques mètres de la chefferie du quartier, une barricade faite d’objets divers a été érigée sur la voie. Derrière ce barrage, des populations courroucées. Pour finir, des frictions ont été enregistrées entre populations et policiers.

A en croire le chef, Salifou Bessoum Kitz, un privé ayant acquis une propriété foncière par des voies jugées illégales s’évertue, depuis 2008, à déguerpir les populations, installées sur le site depuis plusieurs années. Le terrain litigieux, d’une superficie de plus de 40 hectares, abrite six grandes familles.

Une première descente de gendarmes et de géomètres le 26 août dernier a d’abord éveillé la curiosité et la méfiance des populations, qui ont tôt fait d’alerter le chef. Après investigation, ce dernier apprendra qu’il s’agit d’études topographiques en vue de l’ouverture d’une route dans ce quartier enclavé. La présence des gendarmes va faire douter les populations quant au projet évoqué.

Pour démontrer le caractère illégal du déguerpissement engagé, Salifou Bessoum Kitz et les populations évoquent respectivement les termes de certificats de propriété signés les 2 juin et 1er septembre 2021.

En effet, le certificat de propriété du 02 juin (destiné à Luc Nyoube, Joseph Dibib, Rigobert Nyeheg, Marie Ngo Kana, Augustin Minga et Jeannette Ngo Bologne) indique que le terrain a été acquis par immatriculation directe.

Le certificat de propriété signé le 1er septembre 2021 et concernant le même titre foncier et les mêmes personnes quant à lui mentionne plutôt que ce titre (n°31137/W) a été acquis par morcellement.

Les deux documents indiquent également que ce titre est grevé d’une inaliénabilité suivant la loi et l’ordonnance du 30 août 2012, rendue par le tribunal de première instance de Douala-Ndokoti.

Les suspicions des populations de Mandjab sont davantage par les termes du certificat de propriété signé le 3 septembre 2021, dans lequel il ressort que le titre foncier n°31137 est celui d’un espace urbain non bâti situé à Douala III, quartier Bassa au lieu-dit Yansoki-Bakoko, d’une superficie de plus de 254 hectares.

Il en ressort que le terrain bâti situé à Douala III, quartier Bassa lieu-dit Ndohem II, et celui du quartier Bassa lieu-dit Yansoki-Bakoko (Bwang léproserie) portent le même numéro, mais sont géographiquement très éloignés. Sur la base de ces éléments, les populations s’estiment dans leur bon droit, et n’entendent pas se faire déguerpir. Autre raison-évoquée, l’absence de mise en demeure préalable, comme l’exigent les textes. La situation sur le terrain reste confuse

Cameroon Tribune

 

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