Après la liquidation précipitée de Camaïeu, avec Kookaï et Pimkie, l’habillement multiplie les déboires. La faute « aux difficultés économiques rencontrées par le secteur du prêt-à-porter en Europe, que la crise du Covid n’a fait qu’accentuer »explique la direction de Kookaï, qui a été placée en redressement judiciaire le 1er février. La marque de mode estime également avoir « manque cruellement de ressources et de soutien de la part des banques », évoquant notamment les refus de prêts garantis par l’État (PGE). Pourtant, depuis la fin de l’épidémie, le secteur n’a toujours pas retrouvé son rythme d’avant crise. En 2022, les ventes resteront inférieures de près de 10 % à leur niveau de 2019, explique Gildas Minvielle, directeur de l’Observatoire économique de l’Institut français de la mode (IFM). Pour Kookaï, l’activité a chuté de 25% par rapport à 2019.
Alors que la demande est atone, également en raison de l’inflation, les coûts de l’énergie et des loyers ont fait exploser les coûts des magasins et réduit drastiquement les marges. Les déficits se sont accumulés. Mais les difficultés du secteur sont aussi structurelles, avec l’arrivée de la vente en ligne et, désormais, de la seconde main. Selon une étude publiée par l’IFM et le panéliste Kantar, en mai 2022, un cinquième des ventes de vêtements en 2021 se faisaient en ligne, contre seulement 6% en 2009. Cette étude estimait à 2,3 milliards le nombre d’articles de mode achetés en 2019, soit environ 46 unités par an et par personne. La seconde main est également en très forte croissance, facilitée par des acteurs en ligne comme Vinted ou Bon Coin.
Fermetures de magasins et plans sociaux
Chez Kookaï, à la tête de 121 magasins, l’annonce suscite de nombreuses inquiétudes. « Les créances de l’Urssaf au titre des cotisations sociales ne sont plus réglées, les loyers ne sont plus payés et les salaires sont payés par les fonds de garantie, nous sommes très inquiets. Nous avons six mois de probation pour étudier le dossier. Et la reprise, c’est dix-huit mois », a réagi le secrétaire de la fédération des salariés et cadres Force Ouvrière (FO), Gérald Gautier, au micro de RMC. Selon le syndicaliste, le plan de relance comprendrait la fermeture de 15 magasins. Si les difficultés économiques sont réelles, les syndicats pointent aussi les choix stratégiques opérés. « Il y a eu des moments extrêmement difficiles avec le Covid, mais les mauvais choix ont été faits bien avant. Pendant qu’elles récoltaient des profits, les marques auraient dû former des employés, améliorer les outils de travail, investir dans la communication et la formation. Mais ils n’ont rien fait, ils ne se sont pas renouvelés.Il regrette.
Chez Pimkie, les salariés se préparent à un troisième plan social. La famille Mulliez à qui appartenait l’enseigne est sur le point de la…
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