Cameroun Actuel

Pertes historiques, avenir incertain : EDF en alerte

Loin des tarifs verts et bleus, les comptes d’EDF sont dans le rouge. La compagnie d’électricité a subi une lourde perte de 17,9 milliards d’euros en 2022. Un record sans précédent depuis les chutes de France Télécom (20,7 milliards) et de Vivendi Universal (23,3 milliards) il y a 20 ans. Au total, la dette financière du groupe s’élève à 64,5 milliards. Cependant, le gouvernement a réaffirmé qu’il comptait sur le nouveau PDG du groupe Luc Rémont, ainsi que sur les salariés pour « rétablir l’intégrité de la production d’électricité d’EDF dans les meilleurs délais. »

Déréglementation et concurrence faussée

Pour la compagnie d’énergie, 2022 est comme une « annus horribilis » car la société a traversé tant de difficultés. Pour le sénateur PCF Fabien Gay, la principale découle des conséquences de « vingt ans de dérégulation des marchés, notamment avec l’Arenh. »

Ce mécanisme imposé lors de la libéralisation du secteur oblige EDF à vendre l’électricité qu’il produit à bas prix (42 euros le MWh) à des fournisseurs alternatifs qui, à leur tour, la revendent avec une bonne marge, tout cela afin de soutenir artificiellement concours. L’an dernier, l’Etat a contraint l’énergéticien à revendre encore plus cette production vendue à perte afin de parrainer ses concurrents et de financer le bouclier énergétique contenant la flambée des prix de l’électricité pour les consommateurs. Cette mesure a alourdi les comptes de l’entreprise de 8,34 milliards.

« Pour répondre à cette demande, EDF a été contraint de racheter de l’électricité, au profit de ses concurrents, environ 365 euros le MWh sur le marché européen puis de les revendre à 42 euros. Aucune autre entreprise industrielle n’est tenue de franchir une telle étape. C’est de la spoliation »tacle Fabien Gay.

Un avis partagé par Karine Granger, de la CGT : « Le gouvernement puise dans les caisses de l’Etat et d’EDF pour enrichir les fournisseurs alternatifs qui ne produisent rien. C’est un braquage organisé au profit du secteur privé. » Le directeur salarié d’EDF rappelle que « le volume vendu via l’Arenh représente 43% de la production » du géant électrique. Elle ajoute que « l’exécutif estime que la crise énergétique est conjoncturelle » liées notamment à la guerre en Ukraine, « alors que c’est structurel. »

A cette facture s’ajoute le coût de la croissance de 3% de son portefeuille clients. Gagner de nouveaux utilisateurs serait une aubaine en temps normal. Pas en temps de crise énergétique : EDF a dû proposer des tarifs abordables à quelque 100 000 nouveaux utilisateurs, dont beaucoup ont été mis à la porte par des fournisseurs alternatifs affichant des tarifs prohibitifs ou ayant même tiré le rideau.

Production réduite de moitié

Pour expliquer les 17,9 milliards de déficits, la direction d’EDF pointe la chute de la production d’électricité…

Lire la suite de l’article sur nouvelles-dujour.com

Cameroun Actuel
Me suivre

Laisser un commentaire

Dernières nouvelles

Suivez-nous !

Lire aussi

Activer les Notifications OK Non Merci