Cameroun Actuel

« Paul Biya est fort. Il a réussi à mettre la Suisse dans la poche »

Organisé par le collectif d’organisations des activistes camerounais de la diaspora, protestant contre la visite du Chef de l’Etat en Suisse, le rassemblement de samedi dernier, Place des nations, a tourné en mini-émeute.

« How many people Paul Biya go kill oh… How many people Paul Biya go kill!»; «Paul Biya assassin, la Suisse complice». Les slogans des manifestants de samedi dernier, 17 juillet, Place des Nations, à Genève, étaient explicites.

Le rassemblement, organisé par un collectif de mouvements activistes des camerounais en exil, dont la Brigade Anti-Sardinards (BAS), se voulait décisif pour la dénonciation du séjour du Chef de l’Etat camerounais sur les bords du Lac Léman, en Suisse. Il s’est transformé en mini-émeute entre une centaine d’activistes et les forces de l’ordre qui quadrillaient le secteur.

Le climat qui entourait le séjour du président de la République, au sein des activistes de la diaspora camerounaise, dès l’annonce officielle de sa venue à Genève, était des plus tendus. Les réseaux sociaux en faisaient clairement écho, allant jusqu’à propager des messages haineux à l’encontre de Paul Biya.

Cette tension perceptible montait encore d’un cran quand en milieu de semaine, un collectif des organisations de la diaspora « appelait à une manifestation massive contre la présence de Paul Biya à Genève et pour dénoncer la crise dans le NoSo ainsi que sa gestion des fonds de la Covid et ceux de la Can 2021 ».

Prenant en compte ce contexte, les autorités genevoises ont pris des mesures appropriées. D’abord en annulant la veille, vendredi, l’autorisation à manifester accordée quelques jours auparavant.

Ensuite, ces autorités ont recommandé à la population locale de fermer ses fenêtres et de ne pas se déplacer dans le quartier de la Place des Nations, la journée du samedi. Enfin, en positionnant des forces de l’ordre, des camions anti-émeutes et véhicules de police aux abords de la Place des Nations, près de l’hôtel Intercontinental.

Jeu du chat et de la souris

Des heures durant, les manifestants tentèrent de s’approcher du rayon de l’hôtel Intercontinental pendant que la police anti-émeute s’employait à les repousser toujours plus loin. Un face à face, à quelques dizaines de mètres de distance, sous les yeux des badauds parfois médusés dans une zone beaucoup plus calme d’ordinaire.

A un moment de la manifestation, un des opposants « Le général » a demandé à parler au président Paul Biya, en vain. Ce qui a eu pour don d’agacer les activistes qui ont encore redoublé d’ardeur et de virulence dans leur attitude.

Ils vont essayer de grimper sur le mur et la grille de l’hôtel des Nations pour retirer le drapeau du Cameroun parmi les autres étendards, sans succès. Le camion anti- émeutes était obligé d’entrer en action pour disperser les manifestants.

Mais ces derniers revenaient sans cesse à la charge, comptant probablement sur une hypothétique fatigue des troupes suisses, peu habituées à passer plusieurs heures sous un soleil accablant.

Mais à ce jeu du chat et de la souris, c’est encore les forces de l’ordre qui ont eu le dernier mot. « Paul Biya est fort. Il a réussi à mettre la Suisse dans la poche. C’est inconcevable pour un pays dont la réputation en matière de respect des droits de l’homme est mondialement reconnue », confiait un des activistes au quotidien Le Messager, après une journée qui restera tristement célèbre pour tous les protagonistes et pour l’image du Cameroun dans le monde.

Jean-Célestin Edjangué | Le Messager

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