À quelques semaines du scrutin du 12 octobre 2025, Paul Biya, président sortant du Cameroun, prépare un voyage diplomatique à Pékin, prévu le 3 septembre, pour participer à la parade militaire célébrant les 80 ans de la victoire chinoise sur le Japon.
Entouré de dirigeants africains tels que Denis Sassou Nguesso et Emmerson Mnangagwa, ce déplacement, d’une portée symbolique évidente, met en lumière un paradoxe : alors que les enjeux internationaux sont valorisés, le président reste quasi absent de la scène politique nationale, engendrant critiques et interrogations.
L’opposition n’a pas manqué de dénoncer cette absence. Akere Muna parle d’un « candidat invisible », tandis que la militante Rebecca Enonchong et le journaliste Jean-Bruno Tagne questionnent publiquement le silence du chef de l’État.
À quelques semaines d’une élection capitale, le contraste entre un agenda diplomatique chargé et une présence nationale minimale alimente le doute sur la proximité de Paul Biya avec la population et sur sa capacité à répondre aux attentes des électeurs.
Si le voyage à Pékin renforce les relations sino-camerounaises et inscrit le pays dans la dynamique sino-africaine, il expose également un vide symbolique : l’attention portée aux enjeux internationaux semble primer sur le contact avec les citoyens.
Dans un contexte où le scrutin s’annonce serré et sous tension, chaque geste du président est scruté, et cette absence pourrait être interprétée comme un désintérêt inquiétant pour la scène intérieure.
Alors que le départ est imminent, la question reste : ce déplacement sera-t-il perçu comme une manœuvre diplomatique stratégique ou comme le révélateur d’un chef d’État déconnecté de son peuple ?
Dans un pays où la visibilité et le dialogue sont devenus des enjeux électoraux majeurs, la perception de ce voyage pourrait influencer le verdict des urnes et la crédibilité de Paul Biya dans cette campagne présidentielle cruciale.







