Des techniques de « management » autoritaires sans aucune empathie pour les personnels en difficulté.
Aurélie est infirmière dans le service d’hématologie de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, qui comme tant d’autres souffre régulièrement de sous-effectifs et de surcharge de lits. En décembre, un problème banal s’est transformé en crise dans le service en raison d’un problème avec les vestiaires d’un patient. Un médecin, à la demande urgente d’une famille, souhaite qu’un patient soit transféré car, souffrant de troubles de l’équilibre, il risque de tomber dans la salle de bain équipée d’une douche à marche. En effet, malgré des alertes répétées, seules deux chambres de cette unité disposent de salles de bain aux normes.
En réponse à l’injonction du responsable des soins de procéder au transfert, Aurélie explique que ce sera difficile car le personnel est réduit et que l’entrée d’un patient sortant des soins intensifs est à prévoir. La situation est tendue, car le responsable a indiqué une salle qui ne convient pas. Dans un second temps, elle désigne une autre chambre, mais le patient qui l’occupe ne souhaite pas être déplacé. Malgré cette agitation, Aurélie continue ses soins, notamment la mise en place d’une transfusion, et elle doit se rendre à la pharmacie pour obtenir un médicament nécessaire à un autre patient, car il n’y a plus de coursier sur ce créneau horaire. Cette situation est la preuve que l’hôpital ne veut pas embaucher de personnel hospitalier, une profession pour laquelle il n’y a pas de pénurie, ce qui alourdit la charge de travail des infirmières. Pendant ce temps, le gestionnaire réquisitionne une aide-soignante d’une autre unité pour effectuer le transfert. En résumé, c’est une situation malheureusement courante au sein de l’hôpital, fonctionnant en flux tendu, en manque de lits, avec des locaux inadaptés.
Quelle ne fut pas la surprise d’Aurélie de recevoir quelques semaines plus tard une convocation à un entretien disciplinaire pour motif de mise en danger du patient et d’insubordination. Une explication peut être qu’Aurélie est l’une des dirigeantes du syndicat CGT à l’hôpital et a été élue quelques jours après l’incident comme déléguée au CSE central de l’AP-HP. Cet événement révèle des techniques de « gestion » autoritaire sans aucune empathie pour le personnel en difficulté du fait de conditions de travail dégradées. Il signe aussi une volonté de bâillonner les délégués syndicaux. Face à cette agression, la riposte a été massive : plus de 1 000 sympathisants de la pétition lancée dans l’établissement et un rassemblement de 150 personnes au moment de son audition, réclamant la levée immédiate de la procédure. Nous attendons la réponse, mais la direction de l’hôpital doit savoir que la solidarité avec Aurélie est sans faille, bien au-delà des membres du…
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