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MRC : pourquoi Maurice Kamto est gourmand

La récente crise qui a secoué le parti politique du Mouvement de la Renaissance du Cameroun n’a qu’une seule cause profonde ; le refus du leader du parti Maurice Kamto de participer aux élections législatives et municipales de 2020.

Irrité par une défaite à l’élection présidentielle de 2018 qualifiée par le MRC-CRM de hold-up électoral, le président national, Maurice Kamto, décidera plus tard d’arrêter toute participation politique de son parti lors du scrutin du 9 février 2020.

Ce faisant, Kamto, qui comptait beaucoup sur la communauté internationale, s’attendait à plusieurs actions qui dépeindraient le régime de Biya comme dictatorial et antidémocratique, mais le monde se concentrait sur la lutte contre le COVID-19, peu après les élections. C’est devenu un non-événement.

Maurice Kamto s’attendait également à ce que le régime se sente menacé que son image soit ternie si le principal parti d’opposition de l’époque décidait de se retirer des urnes, mais c’était une autre erreur de calcul. Les gouvernements non démocratiques comme le gouvernement du New Deal de Paul Biya peuvent tout faire pour rester au pouvoir, quelle que soit la situation – le régime de Biya l’a prouvé.

Le président du MRC espérait également que les personnes incarcérées après des manifestations interdites allaient être libérées suite aux pressions et cela aurait été une sorte de négociation pour qu’il participe aux élections – encore une fois, le président Paul Biya a démontré qu’il ne le faisait pas – soucieux des militants de base du parti – Kamto ne se souvenait-il pas que de grandes personnalités de la République croupissent encore dans les geôles de Biya ?

Mais cet acte de Kamto était une gaffe politique cupide et mal calculée !

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a obtenu un soutien massif pendant et après les élections présidentielles de 2018, certains gros bonnets étant emprisonnés et d’autres blessés par balle.

Après leur sortie de prison, le soutien massif au MRC était toujours visible et le plan était que le parti d’opposition devrait participer aux élections législatives et municipales de 2020 pour au moins, obtenir des conseils et des sièges parlementaires ainsi que dédommager ses amis politiques, comme feu le maire de Njome Penja dans le Littoral, Paul Eric Kingue qui était son directeur de campagne et également incarcéré, Célestin Djamen, un ancien orateur du SDF, Maître Michelle Ndoki, entre autres.

En ne permettant pas à son parti de contrôler les Conseils et le Parlement, ce qui aurait également permis aux dirigeants et partisans de base de bénéficier de leurs actions politiques et de prendre le contrôle de leurs municipalités, Kamto a prouvé au-delà de tout doute raisonnable qu’il était politiquement cupide !

C’est même devenu une évidence lorsqu’il a déclaré qu’il participerait aux élections présidentielles de 2025. En octobre 2022, il a décrit le boycott de 2020 comme le plus grand sacrifice qu’un parti politique puisse faire pour les Camerounais, mais rien n’a changé depuis que la décision a été prise, alors pourquoi Kamto se présente-t-il aux élections présidentielles alors que rien n’a changé ?

Le régime n’a pas été ému par les rapports internationaux sur les violations des droits ni cessé d’arrêter les membres du parti. À l’instar de feu Fru Ndi qui avait boycotté les élections de 1997, ce qui, selon beaucoup, lui a coûté une voix à l’Assemblée nationale, l’action de Kamto a plongé le MRC dans une crise profonde avec plusieurs démissions et la récente destitution de l’avocate Michelle Ndoki.

Encore une fois, sans parlementaires ni conseillers, le parti de Kamto n’a pas été en mesure d’envoyer des candidats pour les élections sénatoriales du 12 mars 2023.

Le parti MRC peut prétendre qu’il n’y a rien de mal dans le parti mais au fond de lui, il doit y avoir une certaine rétrospection qui doit être corrigée dans les futurs processus décisionnels. Par exemple, pourquoi le président a-t-il le pouvoir absolu de décider s’il doit ou non boycotter les élections ?

Cela ne revient pas seulement à Kamto, mais plusieurs hommes politiques africains ne laissent aucune place aux tables rondes et aux votes sur certaines décisions politiques affectant leurs partis. Dans les pays occidentaux, les décisions politiques sont prises à la majorité des membres ayant le droit de vote et décident du sort du parti.

Si la décision de boycotter devait passer par le scrutin au MRC, Kamto aurait été la seule voix du OUI contre d’autres du NON !

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