La secte Boko Haram a de nouveau frappé dans l’Extrême-Nord du Cameroun, ravivant les inquiétudes sur la persistance de l’insécurité dans cette région meurtrie depuis plus d’une décennie.
Dans la nuit du 6 au 7 septembre, des assaillants armés ont attaqué les villages de Mandoussa et Modoko, dans le département du Mayo-Tsanaga, semant la mort et la désolation. Plusieurs personnes auraient été tuées, d’autres blessées ou enlevées. Les assaillants ont également incendié une case de santé à Ouzal, détruit des plantations et pillé du bétail.
Dans une déclaration publiée ce dimanche, l’opposant Maurice Kamto a dénoncé la récurrence de ces attaques et exprimé sa solidarité aux victimes.
DÉCLARATION AU SUJET DE L’ATTAQUE DES VILLAGES MANDOUSSA ET MODOKO PAR KOZA, DÉPARTEMENT DU MAYO-TSANAGA, ET DE L’ABANDON DE LA RÉGION MARTYRE DE L’EXTRÊME-NORD À L’INSÉCURITÉ DES ATTAQUES DE LA SECTE BOKO HARAM DEPUIS 2014
La secte terroriste Boko Haram a encore frappé notre pays.
Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7 septembre 2025, des éléments armés, qui seraient membres de la nébuleuse sectaire Boko Haram, ont lancé un assaut sur les villages de MANDOUSSA et MODOKO par KOZA, dans le Département du Mayo-Tsanaga, dans l’Extrême-Nord de notre pays, causant plusieurs morts et blessés. Des personnes auraient également été enlevées par les assaillants. Ces criminels ont même attaqué une case de santé à OUZAL, détruit des plantations, pillé le bétail etc..
Cette attaque sauvage et interminable, qui a duré de 22h 30 à 2h, a semé la désolation générale dans la population.
Je présente aux familles des personnes tuées mes condoléances les plus attristées. Je souhaite un prompt rétablissement aux victimes blessées.
Le Gouvernement doit tout mettre en œuvre pour retrouver et délivrer les personnes qui ont été kidnappées.
J’exhorte les autorités qui sont commises à cette mission périlleuse à ne ménager aucun effort pour informer et surtout encadrer, notamment sur le plan psychologique, les familles des victimes de ces actes récurrents de barbarie.
Certes, l’armée est intervenue pour repousser les assaillants, mais on ne peut ne pas questionner le temps de réaction de celle-ci.
Faut-il rappeler que la fonction stratégique du renseignement est la connaissance et l’anticipation ?
Par ailleurs, le tableau d’effectif et de dotation des unités en opération sur le front de l’Extrême-Nord doit être impérativement repensé au regard de la multiplication des attaques armées attribuées à la secte Boko Haram et de leurs bilans. Il faudrait tenir compte notamment du temps de réactivité de nos forces qui restent malheureusement trop long. Le haut commandement devrait également veiller en permanence sur le moral des forces engagées.
Seule la combinaison de ces éléments et un réel intérêt politique des dirigeants du pays pour le retour effectif, après plus de dix ans de crise sécuritaire aiguë, de la sécurité dans la région de l’Extrême-Nord peuvent permettre de juguler enfin ces attaques criminelles, et ramener la quiétude et la paix à nos compatriotes de cette région.
Fait à Yaoundé le 7 septembre 2025
Maurice KAMTO







