Invitée jeudi soir sur France 2, la Première ministre a une nouvelle fois défendu la réforme des retraites et le report de l’âge légal de la retraite à 64 ans. Elisabeth Borne s’est toutefois dite « ouverte » à des aménagements de certaines mesures d’accompagnement. L’Assemblée nationale entame lundi l’examen du texte, sur lequel environ 20.000 amendements ont été déposés.
Pas question de faire marche arrière pour le Premier ministre. Sous la pression des mobilisations croissantes contre sa réforme des retraites, Élisabeth Borne a défendu jeudi 2 février sur France 2 un projet « indispensable » sans revenir sur le report très contesté de l’âge de la retraite, mais en se montrant ouverte à des aménagements sur l’emploi des seniors ou de longues carrières.
Le très attendu chef du gouvernement a livré une nouvelle séance d’explications et de pédagogie à la journaliste Caroline Roux.
« Il est indispensable de mener une réforme pour préserver notre système de retraite par répartition », même si « demander aux Français de travailler progressivement plus longtemps n’est pas facile », a-t-elle déclaré.
Invitée à dire si elle répéterait aujourd’hui que cette réforme est « juste », elle n’a pas réutilisé ce mot. « Nous avons besoin de justice dans la manière dont nous répartissons l’effort entre les Français », a-t-elle seulement déclaré.
Le gouvernement a été critiqué pour avoir dit lors de la présentation de sa réforme le 10 janvier qu’elle était « équitable » et porteuse de « progrès social » alors qu’il restera des disparités dans la durée des cotisations. Ceux qui ont commencé à travailler tôt devront cotiser plus longtemps au système, et la situation de certaines femmes a également été mise en évidence.
L’exécutif a depuis recentré son message sur « l’effort » demandé aux Français et sur le caractère « indispensable » de la réforme pour « sauver » le système.
« Amplifier le mouvement »
« On vient de revivre la conférence de presse (présentation du projet) : la retraite pour les nuls. Comme s’il n’y avait pas eu deux jours de mobilisation. On aurait aimé un peu d’empathie », a réagi le patron de la CFDT Laurent Berger, qui s’oppose, comme tous les syndicats, au report de l’âge de la retraite de 62 à 64 ans. Il a appelé à « amplifier le mouvement ».
Le président des Républicains Eric Ciotti, sur qui le gouvernement compte pour faire passer sa réforme, a trouvé la Première ministre « en difficulté » et « peu convaincante dans ses explications », estimant qu’il n’y a « rien de nouveau sur Table ».
Elisabeth Borne s’est toutefois dite « ouverte » à des aménagements de certaines mesures d’accompagnement.
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