Qui est Jean Pascal ?
Est-ce la grande gueule que trop d’étrangers tuent et maudissent sur les réseaux d’ordures ?
Est-ce cet homme parfois extravagant qui a trop souvent joué avec le feu à l’âge adulte ?
Est-ce superbe Noir fier de sa race, mais capable d’aimer n’importe qui avec le moindre arrière-plan humain qui donne de l’espoir ?
Est-ce cet athlète fantasque qui cache parfois très mal une vraie timidité ?
Est-il aussi sûr de lui qu’il essaie de le faire croire ? Ou a-t-il un besoin criant d’être respecté et surtout aimé des fans et des médias ?
Et lorsqu’il traverse une période sombre, qui est conscient de ses paniques et de ses angoisses ? Qui sait qu’après ses antécédents de dopage avant son deuxième combat contre Badou Jack, cet homme apparemment fort et courageux a passé près de six mois enfermé chez lui ? Vous n’arrivez pas à absorber le choc ? Blessé au plus profond de lui-même par l’abandon de partenaires et d’amis qu’il croyait solides comme l’acier.
Cet amour insaisissable
Jean Pascal jouera une partie de sa carrière ce soir à Laval face à Michael Eifert. Il ne le dira jamais, mais s’il a accepté ce piège, bien moins payant que ses précédents combats, c’était pour remonter vers les sommets.
Ces hauts qui sont ses 10 Box Rec. Le seul au Canada à avoir atteint ce nombre fou. Jean Pascal veut revivre une fois de plus la dose d’amour qu’il a reçue lorsqu’il a battu Chad Dawson, alors le meilleur livre pour livre du monde, arraché un match nul à Bernard Hopkins au Québec, battu Marcus Browne ou donné une leçon au jeune prodige américain Ahmed Elbiali dans un champ de vaches à Miami.
Mais je ne trouve qu’une ligne dans le film Elvis s’applique un peu à Jean Pascal. On y voit Elvis, épuisé à 40 ans, voyager de nuit en nuit dans de nouvelles villes pour donner son show dans des arènes toujours pleines. Dopé, malade, incapable de s’arrêter. Et la voix du colonel Parker, jouée par Tom Hanks, dit au fil des images « que ce qui va tuer Elvis, c’est cet amour insatiable pour le public ». Le sens profond est bien sûr qu’Elvis s’est nourri de ce culte.
La situation de Jean Pascal est tout autre. Il est en forme, il est parfait physiquement et il pourrait arrêter la boxe s’il le voulait. Mais Jean Pascal se nourrit aussi de l’amour du public. Cela le remplit de savoir qu’il a eu des moments où il a été aimé par de larges pans de la société québécoise.
Et il veut absolument retrouver cet amour avant de raccrocher les gants.
Il veut se retrouver face à Artur Beterbiev. Il veut que tout le Québec se demande comment il va survivre. Et il meurt d’envie de sortir une ou deux phrases qui sonnent bien pour proclamer qu’il va se moucher sur Artur…
C’est pourquoi Jean Pascal se retrouve à Laval, un jeudi soir, face à un jeune Allemand bien trop dangereux pour la paie touchée.
LA PROMOTION…
Le gros Matt Boulay, dit l’Agace, a…
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