Selon les chiffres rendus publics le 26 avril par Pôle emploi, on comptait 3 016 000 chômeurs de catégorie A, sans exercer aucune activité salariée à fin mars. C’est 36 000 de moins qu’au 31 décembre 2022. Plusieurs membres du gouvernement ont mis en avant ces chiffres pour justifier leur politique, notamment le passage en vigueur de la loi repoussant l’âge de la retraite à 64 ans. « Nous ne renonçons pas à poursuivre notre objectif : le plein emploi », a déclaré le ministre du Travail Olivier Dussopt la semaine dernière. Mais sortir de la catégorie A ne signifie pas trouver un emploi à temps plein et encore moins un salaire pour vivre. Certains sortent de cette catégorie en devenant indépendants. Ils exercent souvent une activité à temps partiel, pour un revenu mensuel dérisoire. D’autres sont des salariés qui ont accepté un travail à temps partiel imposé par l’employeur et dont le salaire mensuel est souvent bien inférieur au salaire minimum.
Forte augmentation des demandeurs d’emploi des catégories B et C
Dans Le Monde du 28 avril, Thibault Métais fait le constat suivant : « Les demandeurs d’emploi précédemment inscrits en catégorie A la quittent et trouvent du travail, mais souvent à durée déterminée, et continuent donc à pointer vers Pôle emploi, dans d’autres catégories. En catégorie B, la hausse est visible surtout pour ceux ayant une activité de moins de vingt heures (+3,9 % au premier trimestre, +28,9 % sur un an) ce qui atténue quelque peu l’effet positif de la baisse générale ». Il cite ensuite les propos d’Eric Heyer, directeur du service analyse et prospective de l’Observatoire français des conjonctures économiques. Selon ce dernier, « les personnes sans aucune activité trouvent un travail mais très peu d’heures, ça ne sort pas du tout de la précarité ».
Les derniers chiffres publiés par l’Insee confirment cette analyse. « En mars 2023, les dépenses de consommation des ménages en biens ont diminué de -1,3% sur un mois en volume ». La baisse a été de -2,4% dans les produits alimentaires et de -2,2% dans les biens durables. La baisse de la consommation alimentaire de millions de ménages est l’une des conséquences de cette précarité croissante de l’emploi salarié en France, tandis que la sous-revalorisation des retraites par rapport à l’inflation accroît les mêmes difficultés. dans de nombreux autres foyers. En 2019, la pension nette moyenne des retraités était de 1 393 € net par mois et leur situation s’est encore dégradée depuis au regard de l’inflation.
64. 328€ par jour pour Carlos Tavares
On est loin du salaire de Carlos Tavares, dont on apprenait récemment qu’il atteint désormais 64 328 € par jour à la tête du groupe automobile Stellantis. Sur un an, il perçoit trois fois le salaire de Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, qui atteint cependant la somme de 7 331 079 € pour…
Lire la suite de l’article sur nouvelles-dujour.com






