En 2008, le président camerounais, Paul Biya, qui a dit un jour : « il veut qu’on se souvienne de lui pour avoir apporté la démocratie au Cameroun », a modifié la constitution qui supprime la limite du mandat présidentiel de deux mandats, sept ans chacun, à sept ans, mandats infinitifs.
Malgré les manifestations qui ont commencé un mois après l’amendement de la constitution, Paul Biya est resté indifférent et a plutôt utilisé des agents de sécurité pour tuer, blesser et arrêter plusieurs manifestants.
Le 10 avril 2008, la Chambre basse du parlement camerounais, l’Assemblée nationale, a adopté un projet de loi modifiant la loi 96/06 pour modifier la Constitution afin d’accorder au président l’immunité contre les poursuites pour les actes de président et de permettre au chef de l’exécutif de se présenter pour un mandat illimité, ainsi qu’un certain nombre d’autres changements.
Le vote a eu lieu après que les représentants de l’opposition du Front social-démocrate (SDF) ont quitté l’assemblée, et juste un mois après la violence généralisée qui a fait des dizaines de morts et des centaines d’arrestations de manifestants protestant contre la hausse des prix et les changements constitutionnels proposés.
L’émeute de la faim de 2008 a également été déclenchée par l’instabilité politique et la colère suscitée par la révision de la constitution. Paul Biya remportera plus tard les élections présidentielles de 2011 et celle de 2018.
En réalité, le président n’était pas censé briguer un autre mandat après 2011 mais il a choisi de passer par ses parlementaires majoritaires pour se faire un « président à vie ».
Contrairement à Paul Biya, c’est le Sénégalais Macky Sall qui a annoncé, lundi 3 juillet 2023, qu’il ne briguera pas de troisième mandat lors du scrutin du 25 février 2024.
En 2016, les Sénégalais ont voté lors d’un référendum pour adopter une révision de la constitution de 2001 qui limitait le mandat de 7 à 5 ans.
Macky Sall avait joui d’un mandat de sept ans avant de voir son second réduit à cinq. Cependant, la majorité présidentielle l’a choisi comme prochain candidat pour 2024 citant qu’après la révision de la constitution, Macky Sall n’a servi qu’un seul mandat dans le nouveau statut, il a donc une autre chance de servir cinq ans.
L’article 27 de la Constitution de 2016 stipulait que « Le mandat du Président de la République est de cinq ans. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. »
Lors de son discours en direct sur son compte Facebook officiel, Macky Sall a reconnu qu’il y avait encore des arguments pour briguer un nouveau mandat. Mais il ne le fera pas parce qu’il entend conserver l’héritage laissé par ses prédécesseurs qui, dans tous leurs efforts pour maintenir les principes démocratiques, ont respecté la loi et le peuple.
Même si les opinions soutiennent que Macky Sall a été effrayé par des semaines de protestations qui ont éclaté après la condamnation d’une figure de l’opposition, Sonko, et qu’une annonce d’un troisième mandat aurait plongé le pays dans le chaos, Sall reste égoïste dans son style et envoie un message fort à ces dirigeants africains comme Paul Biya du Cameroun, qui veulent rester président à vie, quel que soit leur contexte environnemental.
L’exemple de Sall a permis au Sénégal de rester le phare de la démocratie dans les 14 pays d’Afrique francophone. Cependant, les manifestants exigent que les tribunaux annulent une peine de deux ans contre l’opposant Ousmane Sonko, son rôle présumé dans la corruption de l’esprit des jeunes.







