Le débat sur le financement public des campagnes électorales vient de s’inviter au cœur de la scène politique camerounaise.
Selon des informations persistantes, l’État envisagerait de limiter l’appui financier accordé aux partis à seulement 15 millions de FCFA. Une hypothèse qui a immédiatement déclenché la colère de l’opposition, laquelle parle d’une « stratégie d’infantilisation » et réclame un budget d’au moins 250 millions pour mener une campagne digne de ce nom.
Pour ces formations politiques, cette enveloppe réduite équivaut à un verrouillage du jeu démocratique. Elles jugent impossible d’assurer une présence nationale et de rivaliser avec le parti au pouvoir, fort de moyens logistiques et financiers sans commune mesure. Dans certains états-majors, la menace d’un boycott plane déjà si la mesure devait être officialisée.
La polémique s’est rapidement propagée au sein de l’opinion publique. Une partie des citoyens dénonce une iniquité flagrante qui fragilise davantage les partis d’opposition. Mais d’autres s’opposent à cette revendication.
Sur les réseaux sociaux, Etienne Kamen Sofack a par exemple fustigé les critiques de l’opposition, affirmant qu’« un candidat sérieux ne devrait pas compter sur le financement de l’État pour faire sa campagne ».
Selon lui, exiger davantage de moyens publics n’est qu’une « recherche de sous facile », et il appelle les partis incapables de s’autofinancer à se retirer de la course.
Au-delà de cette controverse immédiate, ce débat révèle une faille plus profonde : la fragilité structurelle du financement des partis politiques camerounais.
Faiblesse des cotisations, absence de mécénat, manque de ressources internes… autant de facteurs qui accentuent le déséquilibre persistant face au parti au pouvoir. En plafonnant drastiquement l’aide publique, le gouvernement risque de creuser encore davantage l’écart, au détriment de l’équité électorale.







