Certains se contentent de ce qu’ils peuvent. C’est le cas du ministre britannique des Finances, le chancelier de l’Échiquier comme on l’appelle sur les bords de la Tamise, Jeremy Hunt. Mercredi 15 mars, lors de la présentation de son budget au Parlement, il s’est félicité que le Royaume-Uni ne soit plus « pas en récession technique cette année ». Mauvaise autosatisfaction d’un gouvernement décrié par une très large majorité de la population. Des centaines de milliers de personnes, enseignants, chauffeurs du métro de Londres, médecins, fonctionnaires, étaient également en grève au Royaume-Uni le même jour, afin de réclamer des augmentations de salaire.
C’est l’une des journées d’action les plus importantes depuis des mois dans le pays, qui fait face à une vague de mouvements sociaux. Les médecins hospitaliers, qui ont débuté leur action lundi, n’ont toujours pas repris leurs fonctions. Les fonctionnaires se sont mis en grève massive. A Londres, le métro était presque à l’arrêt, les conducteurs ayant cessé le travail. Enfin, les enseignants sont aussi dans la lutte. Comme Lila, 44 ans, que nous avons rencontrée dans la capitale britannique en février avec d’autres professeurs dans une grande librairie du centre de Londres. Elle a ensuite expliqué son statut de suppléante et la précarité qui en découle. « Lorsque vous êtes malade, vous n’êtes pas payé, les salaires sont inférieurs à ceux des autres collègues. » Elle n’a pas eu d’augmentation depuis 2016.
un environnement toxique créé par les conservateurs
Professeur d’histoire depuis 1997, Phil, 52 ans, témoigne de la dégradation des conditions de travail, mais aussi du système éducatif. « Les conservateurs ont créé un environnement toxique »fait-il remarquer. « Avec leur politique d’austérité, le financement de l’éducation a chuté, tout comme nos salaires. » Son collègue, David, professeur de sociologie, trente ans de profession, approuve : « C’est mauvais pour les enseignants et c’est mauvais pour les élèves. » Phil le résume bien : « Le gouvernement n’a pas besoin de quelqu’un qui a des connaissances, mais de quelqu’un qui sait utiliser PowerPoint. » Une manière de dire que l’éducation est au rabais, soumise au diktat de la réussite pour continuer à percevoir des financements, et donc avec des administrations prêtes à tout pour y parvenir, y compris obliger les enseignants à relever leurs notes.
Avec une inflation à plus de 10% qui a fait chuter le pouvoir d’achat et une mobilisation qui ne faiblit pas, le gouvernement doit donner des gages. La pression s’est ainsi accrue pour inciter Jeremy Hunt à ne pas relever le plafond des factures payées par la plupart des ménages britanniques, censé encore augmenter au 1er avril. La chancelière a également promis de mettre fin à la hausse des tarifs énergétiques payés par les plus de 4 millions de foyers du pays,…
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