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l’eau souterraine, une ressource fragile à gérer

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Elle se trouve à 500 mètres sous nos pieds, elle est très pure, mais elle met des milliers d’années à se renouveler : face aux sécheresses, les nappes phréatiques ne seront pas une solution durable. Entretien avec Franck Solacroup, chef de la délégation territoriale Garonne et rivières d’Occitanie, au sein de l’agence Adour Garonne.

Franck Solacroup, directeur de la délégation territoriale Garonne et rivières d’Occitanie, au sein de l’agence Adour Garonne, accompagne les collectivités, les industriels, ou le monde agricole, dans tous les domaines liés à l’eau. Son constat est clair : face à la rareté des eaux de surface, l’utilisation des eaux souterraines ne sera pas la solution.

Le Gers est un département plutôt sec. A-t-il des nappes phréatiques importantes?

Non, et c’est une de ses particularités. La formation du plateau de Lannemezan a coupé les cours d’eau, d’où la nécessité aujourd’hui du canal de la Neste. L’aquifère profond qui s’étend sous la Gironde atteint une partie du Gers. Mais les coutumes ici ont conservé la nappe pour le moment. Pour trouver de l’eau souterraine, il faut creuser jusqu’à 500 ou 600 mètres. C’est technique, et très cher. Le Gers s’est donc plutôt tourné vers les eaux de surface, notamment pour l’agriculture.

Comment les eaux souterraines sont-elles actuellement utilisées dans le Gers ?

La part des eaux souterraines est faible par rapport aux volumes mondiaux. On parle de 2 millions de m3 prélevés contre 85 millions de m3 pour les eaux de surface. Elle n’est pas destinée à l’agriculture, et seul un quart des prélèvements est destiné à l’eau potable. Malgré tout, le Gers est concerné. Nous avons près de 70 000 habitants, situés entre les Pyrénées-Atlantiques, les Landes et le Gers, qui dépendent à 100 % de cette nappe phréatique. Le chiffre monte à 270 000, si l’on prend les zones où les syndicats de l’eau mêlent eaux de surface et eaux souterraines. C’est le cas de l’usine d’eau potable de Pléhaut, près de Saint-Jean-Poutge, où l’eau de surface et l’eau souterraine sont mélangées. L’eau souterraine est donc une ressource stratégique.

« Les eaux souterraines sont des eaux fossiles, qui mettent des milliers d’années à former des aquifères »

Cette ressource est-elle préservée ?

Pas pour très longtemps. Des années 1970 aux années 2000, on assiste à une forte augmentation des prélèvements. La surveillance a montré une baisse de la nappe phréatique profonde. Au point que dans les années 2010, un moratoire interdit toute nouvelle collecte. Une gestion concertée existe, entre les 3 départements cités, et les Hautes-Pyrénées.

Pourquoi ne pouvons-nous pas exploiter davantage ces eaux souterraines ?

C’est une eau très pure, car elle est filtrée lors de sa descente vers la nappe, à travers le sol. Mais il faut un an pour que l’eau s’infiltre d’un…

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