Cyril Ramaphosa se rendra avec cinq autres chefs d’Etat africains à Moscou et à Kiev pour tenter de « trouver une solution pacifique » au conflit ukrainien, a-t-il annoncé. Une déclaration qui intervient sur fond de tensions entre Pretoria et Washington.
Une mission de paix conduite par six dirigeants africains partira « dès que possible » en Ukraine et en Russie pour tenter « de trouver une solution pacifique au conflit dévastateur », a annoncé le président sud-africain Cyril Ramaphosa.
Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky ont « accepté de recevoir la mission et les chefs d’Etat africains, à Moscou et à Kiev », a déclaré Cyril Ramaphosa lors d’une conférence de presse au Cap. « J’ai convenu avec le président Poutine et le président Zelensky de commencer à préparer des engagements avec les chefs d’État africains », a-t-il poursuivi.
La mission comprendra, outre l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Zambie, le Congo, l’Ouganda et l’Egypte.
L’Afrique du Sud s’abstient de l’ONU
Les pays africains ont été moins catégoriques que les grandes puissances occidentales face à la guerre en Ukraine. Des pays comme le Sénégal et l’Afrique du Sud se sont ainsi abstenus à l’ONU lors du vote d’une résolution condamnant l’action de la Russie.
Cyril Ramaphosa, qui dit s’être entretenu ce week-end avec ses homologues russe et ukrainien dans des « appels téléphoniques séparés », a dit espérer « des échanges soutenus avec les deux dirigeants » pendant la mission.
Ramaphosa dénonce la pression occidentale
La veille, Cyril Ramaphosa s’était indigné que Pretoria subisse une « pression extraordinaire » pour choisir son camp. Proche du Kremlin depuis l’ère de la lutte contre l’apartheid, l’Afrique du Sud a toujours refusé de condamner Moscou, affirmant rester « neutre » et vouloir privilégier le dialogue. Cette position a provoqué la colère de la scène internationale, d’autant plus que Pretoria a accueilli des exercices navals avec la Russie et la Chine en février, peu avant le premier anniversaire de l’invasion russe, ravivant les inquiétudes occidentales.
L’annonce d’une mission africaine intervient également après les récentes tensions entre Pretoria et Washington sur la question russe. L’ambassadeur américain en Afrique du Sud a déclaré la semaine dernière qu’un cargo russe a accosté près du Cap en décembre pour retourner en Russie chargé d’armes et de munitions. Le gouvernement sud-africain a déclaré qu’il n’y avait aucune trace de ventes d’armes approuvées par l’État à la Russie au cours de la période en question et le président Ramaphosa a annoncé une enquête sur la question. .
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a été informé du projet de mission de paix africaine « et s’en est félicité », a encore précisé Cyril Ramaphosa.
RT…
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