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Le patron de Quat’Coul a-t-il coulé son entreprise pour ne pas avoir remboursé les aides publiques perçues pendant le Covid ?

Il s’agit d’un cas emblématique d’abus patronal en temps de Covid, à l’heure où un État peu considéré abreuvait l’économie de l’argent public. Entre 2020 et 2021, 240 milliards d’euros ont été mis sur la table par le gouvernement, sous forme d’aides diverses (chômage partiel, notamment) et de prêts garantis par l’État (PGE). Une manne financière indispensable à la survie de nombreuses entreprises, mais qui a encouragé certains patrons à profiter de la situation.

Les anciens salariés de Quat’Coul, une petite boîte de communication basée à Toulouse employant au total 27 personnes, ont le sentiment de faire partie des victimes collatérales du « coûte que coûte ». Selon nos informations, une quinzaine d’entre eux ont saisi le conseil des prud’hommes de Toulouse pour réclamer, notamment, des dommages et intérêts, s’estimant victime d’une « escroquerie ». L’entreprise a été liquidée le 17 octobre, car le patron, Thomas Richerol, estimait que la crise sanitaire, associée à une forte hausse du papier, le privait d’une marge de manœuvre suffisante pour maintenir l’activité.

540 000 euros de prêt garanti par l’Etat

Les travailleurs licenciés racontent une autre histoire. Dans les requêtes déposées auprès des prud’hommes que nous avons obtenues, leur avocat accuse l’ancien dirigeant d’avoir noirci le tableau. « En présence de difficultés telles que décrites dans le jugement d’ouverture (de la procédure de liquidation, ndlr), qui n’étaient pas insurmontables, le dirigeant de la société avait la possibilité d’opter pour des mesures alternatives », écrit l’avocat, Ralph Blindauerv : une procédure de sauvegarde permettant le gel des passifs ; vente d’une partie de l’entreprise, etc.

Au plus fort de la pandémie, l’entreprise a obtenu 540 000 euros de PGE, un chèque non négligeable puisqu’il représentait plus du quart du chiffre d’affaires. « Les dirigeants de l’entreprise, notamment M. Richerol, ont répandu des déclarations du type « je n’ai jamais profité du système, pour une fois, je vais en profiter », écrit l’avocat. En d’autres termes, il s’agissait de provoquer la liquidation judiciaire de l’entreprise afin de ne pas rembourser la PGE. »

Auparavant, l’entreprise bénéficiait largement de la générosité de l’État. Nous avons consulté des attestations sur l’honneur rédigées par des salariés, qui assurent que le responsable a déclaré de fausses heures de chômage partiel, pour percevoir des aides publiques. Pour ne rien arranger, ils accusent également leur ancien employeur d’avoir engagé des dépenses totalement injustifiées, factures à l’appui. Quatre vélos électriques d’un montant d’environ 1 500 euros chacun auraient été achetés par l’entreprise à différents membres de la famille Richerol. De plus, une montre Rolex d’une valeur de 22 500 euros a été offerte…

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