Le porte-parole du Kremlin a réagi aux propos d’Emmanuel Macron selon lesquels il pourrait retirer la Légion d’honneur décernée au président russe en 2006 par Jacques Chirac. Le président français dit vouloir choisir « le bon moment pour le faire ».
« Je ne pense pas que ce soit un problème pour M. Poutine et que cela puisse devenir sa priorité. Il a d’autres priorités, que les citoyens russes connaissent très bien » : lors d’un point presse le 10 février, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a réagi à l’annonce d’Emmanuel Macron qu’il pourrait retirer à Vladimir Poutine sa Légion d’honneur.
« Je ne m’interdis rien pour le reste, mais ce n’est pas une décision que j’ai prise aujourd’hui. Elles sont toujours lourdes de sens et je pense qu’il faut apprécier le bon moment pour le faire », avait répondu à ce sujet le président français à un journaliste, à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles, dans la nuit du 9 février. à 10.
La veille, le président français avait remis à Volodymyr Zelensky, lors de sa visite à Paris, la Grand’Croix de la Légion d’honneur. C’est la plus haute distinction qu’un président français puisse décerner à un homologue. « Un élément de justice et de reconnaissance de notre pays » à l’égard du président ukrainien, a expliqué Emmanuel Macron depuis Bruxelles.
Vers une « jurisprudence » Vladimir Poutine ?
Mais la cérémonie informelle de remise de la Légion d’honneur à Volodymyr Zelensky à l’Elysée, dont Emmanuel Macron avait tweeté une vidéo, a ravivé les revendications de ceux qui exigent que la France retire cette distinction à Vladimir Poutine.
Après Karine Lacombe, Agnès Buzyn, Christophe Castaner et Richard Ferrand, Zelensky !
Au final, tout cela est très cohérent en Macronie !Triste de voir ce qu’est devenue la « légion d’honneur » ! pic.twitter.com/MEM1nSttt6
— Florian Philippot (@f_philippot) 10 février 2023
Jacques Chirac a remis au président russe la Grand-Croix de la Légion d’honneur en septembre 2006. Cette décision a immédiatement soulevé une polémique. « Une décision indigne de la France », s’était émue l’organisation Reporters sans frontières, qui avait notamment tenté en justice d’en priver le président russe.
Retirer la Légion d’honneur à Vladimir Poutine constituerait un précédent, jamais un chef d’Etat en exercice n’a été déchu de cette décoration. Mussolini, Ceaușescu ou Kadhafi sont tous morts avec leur décoration tricolore. Au printemps 2018, Emmanuel Macron avait lancé une procédure de déchéance contre Bachar al Assad, mais le président syrien avait pris les devants et rendu sa Légion d’honneur.
Le retrait de ce dernier à un étranger décoré n’est possible que depuis 2010 suite à l’affaire Manuel Noriega. Condamné pour blanchiment d’argent, cet ex-agent de la CIA et dictateur panaméen décoré en 1987 avait vu sa Légion…
Lire la suite de l’article sur nouvelles-dujour.com






