Cameroun Actuel

“Le Groupe Monkam ne suivra pas le destin tragique des entreprises familiales camerounaises”

Alain-Christian Monkam dresse la situation actuelle de la famille de défunt Pascal Monkam.

Quel est l’état d’esprit de la Famille Monkam après le brusque départ du patriarche Pascal Monkam?

Nous sommes tous encore sous le choc. Le deuil est vraiment très douloureux comme le dit ma belle-mère Maman Dorothée. L’absence de mon Père nous pèse beaucoup. Moi-même, je me caché encore souvent pour pleurer.

Le Groupe Monkam continue-t-il de fonctionner en l’absence de son Fondateur ? Si oui sous quel mode de fonctionnement ? Et si non quelles sont les difficultés auxquelles le Groupe est confronté ?

Mon Père était un organisateur hors pair. Chacun des 16 enfants est actionnaire de la Société des Etablissements MONKAM à hauteur de 4,17% ainsi que les 5 veuves du Père et ses deux sœurs. Il y a un Conseil d’administrateur ainsi qu’un Président du Conseil d’administration installés par mon Père lui-même depuis des années. Maintenant, nous devons poursuivre l’œuvre du Père en instaurant notamment la bonne gouvernance et la transparence dans les comptes et les actions du Groupe. C’est essentiel pour la poursuite de l’entreprise familiale. Pour survivre face à la concurrence devenue féroce, le Groupe MONKAM devra se rénover profondément et je prendrai toute ma part dans cette lourde restructuration.

Pourquoi les travaux de construction de l’extension de l’hôtel la Falaise de Yaoundé semble en arrêt ?

Vous savez que l’épidémie du Covid-19 a durement frappé le secteur du tourisme au niveau mondial. Nous vivons un instant de crise. Mais nous en voyons l’issue avec la vaccination et le redressement des vols internationaux. Le chantier auquel vous faites référence devra être terminé au plus vite, notamment avant la CAN de janvier et février 2022 si c’est possible.

Avant l’inhumation de sieur Monkam, la Famille s’est retrouvée au Tribunal pour quelle raison ?

Je viens d’évoquer la nécessité de transparence et de bonne gouvernance. C’est dans ce cadre que j’avais moi-même saisi le Tribunal de Première Instance de Douala le 5 mars 2021 afin de placer sous protection les biens de mon Père qu’il s’agisse de ses biens personnels ou de sa société dont il a été le fondateur et l’unique contributeur financier. L’excellent Président du Tribunal, Mr QUENTIN DJAPITE NDOUMBE, a entendu les arguments des différentes parties et a appliqué le droit. Cette décision nous permettra de sauver l’entreprise en attendant que nous finalisions notre organisation et la succession.

Le 27 Mai 2021, le Tribunal de premier instance de Douala Bonandjo a désigné un collège de trois administrateurs séquestres. Quel impact cette décision aura-t-elle sur le fonctionnement du Groupe MONKAM ?

La culture populaire camerounaise craint souvent les administrateurs qui sont généralement perçus comme intrusifs dans les affaires d’une famille. Je pense tout le contraire ! Les administrateurs constituent une institution judiciaire respectable dont le mandat est clairement délimité et contrôlé. La nomination d’un collège de 3 experts (deux hommes et une femme – Présidente coordinatrice) et non d’un expert seul est une sécurité supplémentaire contre d’éventuelle dérive de l’institution elle-même. Et j’y veillerai personnellement car c’est moi, sous l’autorité suprême du Tribunal, qui ai souhaité cette nomination. Si la mission de ces administrateurs n’est pas entravée en pratique comme on peut le craindre, ils permettront de sécuriser les biens et revenus de Feu le Père Fondateur pendant cette phase transitoire de la succession. Je suis très optimiste. J’ai déjà dit dans vos colonnes “N’ayez pas peur !”.

Face à un si grand nombre de procès, le Groupe MONKAM survivra -t-il ?

Ces procédures judiciaires ont justement pour objet de garantir la survie du Groupe MONKAM et non l’inverse ! Je le répète : nous devons établir la bonne gouvernance et la transparence dans les comptes. Faute de quoi, le Groupe MONKAM suivra le destin tragique et classique dé ces trop nombreuses entreprises familiales camerounaises qui ont disparu dans les années qui ont suivi la mort du Fondateur.

Concernant la procédure initiale portant sur le séquestre, le Tribunal a été saisi très tôt pour la première fois et a tranché, ce qui donne une chance au Groupe MONKAM de survivre et non pas de péricliter. Je ne peux que souhaiter que cette décision, immédiatement exécutoire, fera jurisprudence et deviendra un modèle pour les autres entreprises familiales suite à la disparition subite du Fondateur.

Mutations

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