Plutôt que de travailler plus longtemps, une majorité de Français (59%) seraient prêts à cotiser davantage. L’enquête publiée dans « le JDD », réalisée par l’Ifop, juste avant la présentation du projet de réforme, signe le grand retour des cotisations sociales. Ce mécanisme de solidarité consiste à prélever un pourcentage sur le salaire des actifs pour dégager des ressources destinées à financer notamment les retraites du régime général, ainsi que les retraites complémentaires. Cette rémunération différée (les actifs et cotisants d’hier, aujourd’hui retraités, voient leurs retraites financées par les actifs d’aujourd’hui) reste la principale entrée d’argent pour le système (64,5%), même si sa part continue de se réduire. Il était de 83 % en 2003 et de 75 % en 2013.
Augmenter les cotisations permettrait d’échapper au double malus prévu dans le projet gouvernemental (abaissement de l’âge de la retraite à 64 ans plus accélération de l’augmentation de la durée de cotisation à 43 ans). L’économiste Michaël Zemmour l’affirme. En reprenant les hypothèses de l’exécutif d’un déficit du régime de 12 milliards d’euros en 2027, il a calculé ce que les salariés devraient payer « en jouant uniquement sur le levier de cotisation et sans mesurer l’âge ». En prenant les projections du Conseil d’orientation des retraites (COR) sur l’augmentation du salaire moyen, ainsi que l’hypothèse d’une hausse des cotisations de 0,8 point, l’effort demandé aux salariés serait en moyenne de 11 euros en 2024 pour atteindre 28 euros mensuel (336 euros annuels) en 2027. Quant à un salarié au SMIC à temps plein, « sans coup de pouce », la hausse de ses cotisations s’élèverait à 14 euros par mois (168 par an). « Cette hausse pourrait ralentir très fortement entre 2027 et 2040 puis s’arrêter, à condition que l’Etat maintienne constant son niveau actuel d’engagement envers le système », poursuit l’économiste.
Supprimer les dérogations
La mesure ne se concentre pas sur tout le monde, y compris les travailleurs pauvres. Mais les défilés sont possibles. La CGT propose une augmentation de salaire. Avec 5% dans le secteur privé, cette augmentation apporterait « 9 milliards de cotisations supplémentaires à la branche retraite ». Soit « la moitié de ce que le gouvernement espère économiser avec sa réforme injuste ». De même, l’embauche de 400 000 fonctionnaires de la fonction publique hospitalière permettrait de récolter 5 milliards d’euros supplémentaires.
UNE LÉGÈRE AUGMENTATION (DE 14 EUROS PAR MOIS POUR UN SMICARD) SUFFIT À GÉNÉRER 12 MILLIARDS DE REVENUS.
Les cotisations patronales peuvent également être mises à contribution, d’autant que les entreprises bénéficient de nombreuses exonérations depuis trente ans. Initié en 1993, poursuivi tout au long des années 2000, l’usage de cet instrument a…
Lire la suite de l’article sur nouvelles-dujour.com






