La coalition des associations Secrets Toxiques tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les risques pour la santé humaine et environnementale. Un recours a été déposé, par 30 ONG et 28 députés, ce jeudi 2 février, devant le Conseil d’État pour « carences dans l’homologation des pesticides » et « sous-évaluation » de leur toxicité.
Il est demandé au gouvernement d’inclure, dans les demandes d’autorisation de mise sur le marché des pesticides, des analyses de toxicité à long terme et de cancérogénicité portant sur les formulations complètes – c’est-à-dire sur les pesticides tels que commercialisés. La réglementation est claire, rappelle l’ONG : « Il prévoit qu’un pesticide ne peut être autorisé que s’il est démontré qu’il n’a pas d’effets néfastes à court ou à long terme sur la santé humaine ou l’environnement. »
« Il n’y a pas d’études sur la toxicité des pesticides à long terme, pourtant exigées par l’Union européenne ! ton Philippe Piard, co-président de Secrets Toxiques et représentant de Nature & Progrès. La loi doit être appliquée. On estime que la nocivité des pesticides serait 1 000 à 10 000 fois supérieure à celle déclarée. » Et de rappeler que plusieurs études rapportent « de fortes présomptions de liens entre certaines pathologies et l’exposition aux pesticides ». Interrogé par le collectif en octobre 2022, le gouvernement n’a pas daigné répondre.
« Pouvoir aux lobbyistes »
Vingt-huit élus accompagnent les associations dans ce bras de fer. « L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail reste laxiste avec les industriels et ne traite pas le sujet sérieusement », rappelle Loïc Prud’homme, député FI de la Gironde. Pour la députée EELV de la Drôme Marie Pochon, « Nous avons besoin de plus de transparence par rapport à l’innocuité des pesticides et de revoir le processus de commercialisation avec une absence de substances nocives avérées. L’habitabilité de la Terre en dépend ».
Les méthodologies qui permettent la commercialisation de ces produits phytosanitaires « sont extrêmement inefficacesinsiste Andy Battentier, directeur de campagne pour Toxic Secrets. Lorsque les agences de santé constatent la présence de composés interdits dans les pesticides, comme les métaux lourds, elles ne s’en inquiètent pas, car les doses sont faibles. » Diverses publications scientifiques ont cependant révélé l’existence d’éléments non déclarés par les fabricants : arsenic, hydrocarbures aromatiques, plomb.
En première ligne, les agriculteurs restent les plus exposés à ces molécules. Derrière ces tonnes de produits phytosanitaires distribuées à tous vents, les groupes d’influence de l’industrie agricole ne semblent pas voir d’un bon œil les potentiels changements. « Les moyens coercitifs sont toujours exercés par…
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