Le gouvernement camerounais a récemment annoncé le relancement de la facilité de garantie de 200 milliards de FCFA pour les prêts bancaires aux entreprises publiques et privées. Cette initiative vise à accélérer l’accès au crédit et à relancer l’économie du pays, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME). Cette garantie souveraine, formalisée par le ministère des Finances, est la deuxième du genre, après une première tentative en 2022 qui s’est soldée par un échec.
La convention de garantie a été signée entre le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam) et l’Association nationale des établissements de microfinance du Cameroun (Anencam). Selon le ministre Motazé, cette initiative vise à relancer le crédit à l’économie et à encourager l’investissement privé dans les secteurs prioritaires identifiés par la Stratégie nationale de développement 2020-2030.
La mise en œuvre de cette facilité de crédit en 2022 avait rencontré des obstacles, notamment en raison du manque d’engagement des établissements de crédit et de microfinance. Le ministre Motazé a souligné que les résultats escomptés n’avaient pas été atteints et a exprimé sa déception quant au rôle joué par les banques et les établissements de microfinance dans cet échec.
Afin d’éviter les mêmes problèmes cette année, le mécanisme d’octroi de la garantie a été réajusté. Le ministre des Finances a rappelé aux établissements de crédit et de microfinance leurs engagements et a promis de suivre de près la mise en œuvre de cette facilité. Il a également noté que les demandes de garantie formulées par les entreprises dépassaient largement le plafond autorisé, ce qui laisse espérer une amélioration significative des performances en 2023.
Les conditions d’éligibilité pour bénéficier de cette garantie ont également été précisées. Sur les 200 milliards de FCFA mis à disposition par l’État, 30% seront alloués aux entreprises et établissements publics, tandis que 70% seront réservés aux entreprises du secteur privé. Le taux de couverture des crédits par cette facilité varie en fonction de la taille de l’entreprise, avec un plafond de 30% pour les grandes entreprises et de 70% pour les PME. Cependant, ces plafonds peuvent être augmentés à 60% pour les grandes entreprises et à 80% pour les PME opérant dans les régions économiquement sinistrées, telles que le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord.
Les prêts éligibles à cette facilité de l’État sont destinés à financer les besoins en fonds de roulement des entreprises et à encourager l’investissement dans les filières prioritaires. Cette initiative vise à stimuler la croissance économique, à créer des emplois et à améliorer les conditions de vie des populations.







