Cameroun Actuel

L’avocat d’Ayuk Tabe libéré après neuf jours passés au SED

L’avocat d’Ayuk Tabe est accusé de complicité avec les séparatistes. Il était détenu au Secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie.

Me Amungwa Tanyi Nicodemus a été libéré ce 9 juin, 2021 aux environs de 16h30. Cet avocat au barreau du Cameroun a passé neuf jours de détention au secrétariat d’Etat à la défense chargé de la gendarmerie nationale (Sed).

« Le Barreau du Cameroun vient d’obtenir la libération sous garant de Me Amungwa Tanyi Nicodemus. Ont signé en qualité de garants madame le bâtonnier Claire Atarigana Bikouna et Me Pierre Robert Fojou, représentant du bâtonnier Centre-Sud-Est et Daniel Ngos, secrétaire général adjoint de l’Ordre », précise un communiqué signé ce 9 juin par les responsables du Barreau.

Bien qu’étant libéré, l’avocat peut être sollicité à tout moment pour besoin d’enquêtes dans le cadre de l’affaire ayant conduit à son interpellation. « Nous avons signé l’engagement de le représenter à toute réquisition », explique Me Pierre Robert Fojou, représentant du Barreau pour le Centre-Sud et L’Est.

L’avocat d’Ayuk Tabe, le président-de l’Etat imaginaire de l’Ambazonie et plusieurs autres séparatistes a été interpellé le 1 er juin 2021, alors qu’il se trouvait au groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé pendant qu’il assistait son client dans une procédure de reprise d’un immeuble et de rébellion. Il aurait été interpellé pendant qu’il était en train de filmer avec son téléphone portable. Ce téléphone a été saisi par les enquêteurs, une fois après exploitation, les images et vidéos de propagande des séparatistes auraient été découvertes dans ce téléphone portable. Me Amungwa Tanyi était soupçonné d’être en complicité avec les séparatistes anglophones.

Me Amungwa Tanyi Nicodemus est l’un des avocats ayant assuré la défense devant le tribunal militaire de Yaoundé d’Ayuk Tabe, le président autoproclamé de l’Etat imaginaire de i’Ambazonie et plusieurs leaders anglophones condamnés à la prison à vie par le tribunal militaire de Yaoundé pour les faits de terrorisme, sécession et d’hostilité contre la patrie. Il est également l’avocat du journaliste Kinsgley Ndjoka.

Ce journaliste est détenu à la prison pour complicité avec les séparatistes. Ce juriste assiste également des victimes du massacre de Ngarbuh dans l’affaire judiciaire que l’Etat du Cameroun a déclenché contre certains éléments des forces de’ défense impliqués dans ces tueries qui ont coûté la vie en février 2020 à une vingtaine de personnes parmi lesquelles les femmes enceintes et les enfants.

A en croire Me Bissou Christian, président de la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés du barreau, l’interpellation de Me Amungwa et la confiscation de son téléphone portable constituent une violation du secret professionnel d’un avocat :

« Les correspondances privées de l’avocat restent et demeurent protégées par le droit et sa violation est punie par la loi. Tout échange entre l’avocat et son client demeure de nature confidentielle quel qu’en soit le support. L’avocat ne saurait être le complice de son client et le secret professionnel de l’avocat est un principe absolu. Ce principe ne peut être délie qu’en présence du bâtonnier de l’Ordre des avocats mais aussi avec l’accord du client. Le secret professionnel permet la protection de la confidentialité et c’est aussi un élément de confiance que le client a à l’égard de son défenseur », explique Me Christian Bissou.

Le Jour

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