Vingt-cinq ans après la fin du conflit en Irlande du Nord, obtenue grâce à l’accord du Vendredi saint, elle semble plus fragile que jamais. Conséquence indirecte du Brexit, la question de la frontière douanière entre l’Irlande, restée dans l’Union européenne, et l’Irlande du Nord, qui l’a laissée avec le reste du Royaume-Uni, bouleverse l’équilibre institutionnel de la province, qui a vécu sans un gouvernement pendant près d’un an.
Protocole d’Irlande du Nord, accord-cadre de Windsor, guerre des saucisses… Depuis le vote du Brexit en 2016, l’Irlande du Nord fait à nouveau la une des journaux. En « paix relative » depuis la signature de l’accord du Vendredi saint en 1998, le niveau d’alerte terroriste y a été relevé à « sévère » par les services britanniques le 28 mars.
Les tensions sont en effet vives dans la province, privée de gouvernement depuis près d’un an. Des véhicules de police ont ainsi été visés par des bombes incendiaires lors d’une manifestation illégale de républicains à Londonderry lundi 10 avril, la veille de l’arrivée du Premier ministre britannique Rishi Sunak et du président américain Joe Biden. Les deux chefs d’État commémoreront pendant plusieurs jours la fin du conflit sanglant, qui a fait plus de 3 500 morts entre 1968 et 1998.
Derrière cette situation tendue, une conséquence indirecte du Brexit, qui « a ravivé les tensions qui existaient en Irlande du Nord depuis la signature de l’accord », explique le professeur universitaire Aurélien Antoine, directeur de l’Observatoire du Brexit.
« L’équilibre de 1998 a toujours été fragile, poursuit le chercheur, mais le Brexit a joué le rôle d’accélérateur, en approfondissant les difficultés préexistantes en Irlande du Nord. »
Garantir la paix obtenu grâce au désarmement des paramilitaires nord-irlandais et au retrait des troupes britanniques, l’accord du Vendredi saint, ratifié par Londres et Dublin sous l’égide de Washington, stipule que l’Irlande du Nord appartient au Royaume-Uni mais qu’aucune frontière physique ne doit la séparer de l’Irlande. Il met également en place un gouvernement bipartite élu à la représentation proportionnelle, chargé d’assurer un lien entre les communautés protestantes et catholiques.
Mais le Brexit et l’adoption du protocole nord-irlandais en 2019 par le gouvernement de Boris Johnson ont bouleversé ce fragile équilibre.
Compromis rejeté par les unionistes
Pour éviter toute barrière douanière sur le territoire irlandais, le protocole stipule que les marchandises britanniques doivent se conformer aux normes européennes dès leur arrivée en Irlande du Nord. Ce premier contrôle leur permet ensuite de voyager librement en Irlande et dans l’Union européenne.
Reliant de facto la province au marché unique européen, l’accord crée ainsi une frontière invisible en mer entre l’Irlande du Nord…
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