Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a récemment annoncé le décès de Mangosuthu Buthelezi, ancien leader zoulou et fondateur du parti nationaliste Inkatha Freedom (IFP). À l’âge de 95 ans, Buthelezi laisse derrière lui une carrière politique marquée par des controverses et des guerres territoriales meurtrières.
Originairement membre du Congrès national africain (ANC), parti historique au pouvoir, Buthelezi a créé l’IFP en 1975. Sous sa direction pendant plus de quarante ans, l’IFP a été impliqué dans des affrontements violents avec les militants de l’ANC dans les townships majoritairement noirs des années 1980 et 1990. Ces violences ont malheureusement entraîné la mort de plus de 5 000 personnes.
Buthelezi était un orateur charismatique qui remettait en question les stratégies anti-apartheid de l’ANC. Il considérait que Nelson Mandela, alors emprisonné, affaiblissait les positions noires. Cependant, cette position controversée lui a valu des accusations selon lesquelles il aurait joué le jeu du pouvoir blanc en incitant à la violence contre l’ANC juste avant les élections historiques de 1994. Ces élections ont marqué un tournant dans la lutte contre l’apartheid et l’avènement de la démocratie en Afrique du Sud.
Malgré les controverses qui ont entouré sa carrière, Mangosuthu Buthelezi a toujours farouchement nié avoir collaboré avec le régime blanc. Il a réussi à maintenir une longévité remarquable dans la vie politique sud-africaine, depuis l’époque de l’apartheid jusqu’à l’avènement de la démocratie.
Le décès de Buthelezi marque la fin d’une époque politique complexe et controversée en Afrique du Sud. Son héritage suscite des débats, certains le considérant comme un héros de la lutte pour la liberté, tandis que d’autres le voient comme un personnage controversé. Quoi qu’il en soit, il est incontestable que Mangosuthu Buthelezi a joué un rôle important dans l’histoire politique de l’Afrique du Sud.






