Cameroun Actuel

La Sécurité dans le bassin du Lac Tchad préoccupe

Soutien à apporter au Tchad pour sa stabilité, et amélioration de la fonctionnalité de la Force multinationale mixte sont des sujets à Tordre du jour du Sommet extraordinaire qui se tient à Abuja au Nigeria.

C’est à l’initiative du président Muhammadu Buhari du Nigeria, président en exercice de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT), que les pays membres de cette organisation, regroupant le Cameroun, le Niger, le Nigeria, le Tchad, la République centrafricaine et la Libye, se retrouvent ce jour à Abuja, la capitale fédérale du Nigeria.

Sur la table, la situation sécuritaire dans cet espace, et particulièrement au Tchad, à la suite des événements survenus le 20 avril dernier dans ce pays et qui ont vu la disparition du Maréchal Idriss Deby Itno, président de ce pays. De sources proches du dossier au ministère des Relations extérieures, il s’agira d’examiner la situation sécuritaire et humanitaire dans ce pays après ces événements.

À la suite de la présidentielle du 11 avril 2021, le territoire tchadien a été l’objet d’attaques de la part de rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT). Il est donc question, au cours de la rencontre qui s’ouvre ce matin à Abuja, d’apporter le soutien nécessaire à ce pays afin de lui éviter de sombrer dans l’insécurité. Les Etats membres de la Commission du bassin du lac Tchad sont en effet conscients de ce que l’a dégradation de la situation sécuritaire dans l’un des pays pourrait avoir des répercussions sur les autres.

La CBLT, d’après notre source, a décidé d’anticiper sur le sujet en apportant des solutions africaines à ce problème. Il s’agit donc d’une dynamique sous-régionale que les pays membres de la Commission du bassin du lac Tchad entendent mettre en marche. Le Cameroun, qui sera présent aux travaux d’Abuja, à travers le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République, représentant du chef de l’Etat, traduit ainsi l’engagement du président de la République pour la paix et la stabilité au Tchad en particulier et dans la région du bassin du lac Tchad en général.

En effet, le Tchad déploie actuellement 6 000 hommes dans des opérations de lutte contre le terrorisme sur le continent. Une dégradation de la situation à l’intérieur du pays pourrait entraîner le rappel de tout ou partie de ces effectifs pour assurer la sécurité du territoire tchadien. Ce qui pourrait porter préjudice à la lutte que mènent les pays membres contre ce fléau.

L’espace CBLT est en effet confronté à la lutte contre la secte terroriste Boko Haram qui, bien qu’ayant subi d’importants revers, continue d’agir par des actions sporadiques dans les différents pays. D’autres mouvements terroristes sèment la terreur dans des pays comme le Niger ou la RCA. L’autre enjeu de la rencontre de ce jour à Abuja, va concerner la force militaire mise sur pied par les Etats membres de la CBLT : la Force multinationale mixte (FMM).

Il s’agira notamment de revoir la logistique et le fonctionnement même de cette structure militaire en vue de lui permettre de mieux faire face à la lutte contre le terrorisme dans les pays touchés. Le dernier enjeu de la rencontre qui se tient dans la capitale fédérale nigériane, et non des moindres, concerne les autres réponses à apporter par les pays-membres de la Commission du bassin du lac Tchad aux problèmes qui se posent dans les zones touchées par le terrorisme.

Ainsi, au-delà des questions purement militaires, il s’agira de trouver des solutions aux préoccupations humanitaires et sociales qui touchent les populations habitant les zones de conflit, et particulièrement les jeunes qui constituent des proies faciles pour les groupes terroristes opérant ici. Il s’agit d’implémenter des projets de développement qui pourront permettre à ces populations de s’insérer dans la vie active.

Le Cameroun propose déjà le Plan présidentiel de reconstruction de l’Extrême-Nord et même un programme de démobilisation et de réintégration des ex-combattants de la secte Boko Haram. Des expériences qui peuvent être multipliées dans les pays de la CBLT pour couper les groupes terroristes de leurs bases de recrutement.

Cameroon tribune

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