Nous avons, dans des articles précédents, montré comment des prix trop bas du lait de vache et de la viande bovine ex-ferme ont conduit les agriculteurs à vendre plus d’animaux qu’ils ne voulaient à l’abattage afin de limiter leur endettement. Un processus identique a affecté la filière porc après de longs mois de prix très bas en France et en Europe. Tout au long de l’année 2021, le kilo de carcasse de porc éviscérée a rarement dépassé 1,30 € dans la cotation hebdomadaire du marché aux horloges de Plérin dans les Côtes-d’Armor. C’était même souvent aux alentours de 1,20 €.
Lorsque la peste porcine africaine a frappé certaines fermes européennes, le marché chinois a fermé. En conséquence, une offre de viande porcine européenne supérieure à la demande sur le marché intérieur des pays membres de l’Union a maintenu des prix bas, dont les éleveurs ont longtemps souffert. Selon Pascal Le Duot, directeur du Marché du porc breton (MPB), l’activité dans le grand ouest de la France, où sont élevés 90 % des charcutiers, est en baisse de 5,1 % début 2023 par rapport à janvier et février 2022. Il précise que la baisse des abattages a atteint 20 000 porcs de boucherie par semaine en France par rapport à la même période l’an dernier. Du coup, le kilo de carcasse de porc coûte désormais 2 € à Plérin.
La côtelette de porc a disparu des promotions des supermarchés
Ce qui est vrai pour la France l’est aussi pour l’Union européenne. Sur douze mois, le nombre de truies reproductrices a diminué de 4,6 % dans les États membres de l’Union. Cette baisse est de -8,7% en Allemagne, -6,6% au Danemark et -17,5% en Pologne. En France, lorsque le prix affiché chaque semaine par le marché aux horloges de Plérin était sous la barre des 1,30 € le kilo de carcasse, les dépliants publicitaires des magasins Leclerc proposaient souvent des côtelettes de porc à 1,99 € le kilo. Les grandes enseignes pouvaient faire de la viande de porc des produits d’appel car les abattoirs avaient besoin de réduire leurs stocks, ce qui les amenait à vendre à perte une partie de la viande conservée dans la chaîne du froid. Début 2023, on ne voit plus une seule côtelette de porc en promotion dans les dépliants publicitaires d’Auchan, Carrefour, Leclerc et autres enseignes. En magasin, les prix de la viande de porc fraîche ont augmenté de 22,6 % en décembre 2022 par rapport à décembre 2021. Les prix de la viande congelée avaient augmenté de 25 % entre ces deux dates, ceux du jambon de 12,5 %.
Sur l’ensemble de l’année 2023, la production porcine des pays membres de l’Union européenne pourrait chuter de 3 % en moyenne par rapport à 2022, ce qui devrait permettre des prix proches de 2 € le kilo de carcasse. Pour les éleveurs, ces prix sont essentiels car ceux des aliments composés de céréales et de tourteaux oléagineux ont augmenté de plus de 27 % en 2022 et pourraient encore…
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