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« La ferme familiale, c’est fini »

A quoi ressemble la France agricole aujourd’hui ?
L’image que l’on s’en fait est encore, dans une large mesure, celle d’une entreprise familiale classique : papa et maman, avec leurs enfants, sur la ferme des grands-parents. Mais cette image est fausse. Le modèle du couple d’agriculteurs, en particulier, tend à s’estomper. Et les bouleversements ne font que commencer. Dans les dix prochaines années, la moitié des chefs d’exploitations agricoles partiront à la retraite, soit 200 000 sur 398 000 agriculteurs en France.

Ces fermes seront donc vendues. Sous quelle forme ? Dont ?
Il y a trois possibilités. La première : en attendant de trouver un repreneur, le retraité garde son terrain et le loue à un autre agriculteur ou à un entrepreneur. C’est le cas le plus courant. Deuxième scénario : le retraité revend sa terre à un autre agriculteur. Ce n’est pas toujours possible, car cela implique que l’acheteur dispose d’un capital important. Cependant, les agriculteurs qui ont du capital sont généralement âgés aussi. Et les jeunes agriculteurs, qui voudraient s’installer, n’ont pas les fonds nécessaires. Enfin, dernière possibilité : l’exploitation est rachetée, en tout ou partie, par des industriels ou des distributeurs et, dans ce cas, les travaux de la terre sont souvent réalisés par des salariés et des cadres. C’est ce que j’appelle l’agriculture d’entreprise. Elle ne représente aujourd’hui que 10 % des exploitations françaises, mais elle est amenée à se développer.

Est-ce la fin du modèle familial ?
Les fermes où un couple travaille sont en voie de disparition, oui. Et ce n’est pas seulement la faute des industriels ou des investisseurs. Car, paradoxalement, le premier ennemi de l’agriculture familiale est la famille elle-même. Aujourd’hui, lorsque des frères et sœurs héritent d’une ferme, ceux qui veulent y rester ont rarement les moyens de racheter les parts de leurs frères et sœurs qui ne leur font pas toujours des cadeaux sous prétexte qu’ils veulent reprendre la terre familiale. . Faute d’accord, et à cause du coût de la reprise, c’est alors la fin de l’exploitation familiale.

Cette industrialisation est-elle destinée à devenir massive ?
Je ne crois pas. Les retours sur investissement dans l’agriculture sont assez faibles. Sur le terrain, on voit donc peu de constructeurs et quand ils investissent, c’est rarement pour des raisons de rentabilité. Certains le font par passion, parce qu’ils sont fous de gastronomie ou parce qu’ils veulent renouer avec leurs racines. D’autres, pour diversifier leur portefeuille d’actifs ou valoriser leur image de marque. D’autres, enfin, pour sécuriser une chaîne d’approvisionnement. La reprise directe d’exploitations agricoles par des industriels existe bel et bien mais, pour l’instant, elle reste un épiphénomène.

A long terme, ce modèle n’est-il pas susceptible de prévaloir ?
C’est un risque…

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