A la Maison Engagé et Solidaire pour l’Alimentation (Mesa), on s’affaire déjà en cuisine, ce mardi matin, pour préparer le déjeuner. Au menu du jour : salade de chou rouge et radis noir, gratin de quinoa au céleri et endives caramélisées, et gâteau au yaourt en dessert. Au milieu des bruits de casseroles, les conversations vont bon train. Comment faire une vinaigrette sans vinaigre ? C’est que le défi de la valorisation et de la prévention des déchets oblige les participants à être constamment créatifs. « Nous avons ajouté de l’huile, des épices et de la purée de cacahuètes. On improvise avec ce qu’on a ! conclut Léonie, volontaire en service civique dans la structure.
Tous les mardis, les bénévoles de Mesa se réunissent pour confectionner un repas à base d’invendus de l’épicerie solidaire, qu’ils partagent ensuite entre eux. Le tout gratuitement. Si, en théorie, l’activité est censée être mixte, dans les faits, il n’y a presque que des femmes qui y participent.
ICI VOUS POUVEZ VENIR FAIRE CE QUE VOUS VOULEZ, JUSTE PRENDRE UN CAFÉ OU FAIRE VOTRE TRICOT. HALIMA, HABITANTE DU QUARTIER
Consommer local à tarif social
Inaugurée mi-octobre, la Maison de la restauration engagée et solidaire séduit déjà les habitants : les organisateurs ont compté plus de 300 adhérents, presque entièrement issus du quartier. Située dans le quartier politique de la cité des Etats-Unis/Langlet-Santy, dans le 8e arrondissement de Lyon, cette structure innovante a du pain sur la planche en termes d’objectifs sociaux. Dans ce secteur où le taux de pauvreté atteint 34% de la population locale, l’accès à une alimentation de qualité est un défi majeur. « D’habitude, je n’achète jamais de produits bio dans les supermarchés, c’est beaucoup trop cher », explique Halima, 65 ans. Ici, grâce à la tarification sociale pratiquée par la Mesa, elle peut enfin consommer des fruits et légumes bio produits localement. Car, en plus des ateliers anti-gaspi, la Mesa fait aussi office d’épicerie solidaire.
Parmi les graines en vrac et les détergents bio, on trouve des livres de recettes et des accessoires de cuisine, mais aussi des tables et des chaises pour partager les repas, ainsi qu’un coin enfants particulièrement accueillant, juste en face de la cuisine. , pour favoriser la participation des jeunes mères du quartier.
Dans ce quartier où le taux de pauvreté atteint 34%, l’accès à une épicerie solidaire et des ateliers culinaires permettent d’offrir aux personnes les plus précaires une alimentation sûre et durable. © Emmanuel Foudrot
Pour Marie-Thérèse, c’est le « partage » qui compte dans la démarche, tandis que Maryse est une habituée des ateliers cuisine des centres sociaux de Lyon. Pour Halima, habitante du quartier depuis seulement cinq ans, c’est aussi une façon de rencontrer ses voisins. « La retraite, j’ai du mal, j’ai trop l’habitude de déménager. Le…
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