La bataille pour le contrôle de la filiale congolaise d’Afriland First Bank prend une tournure internationale, avec une demande d’arbitrage introduite auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) par Afriland First Group, la holding suisse qui contrôle le réseau d’Afriland First Bank à travers le monde. Cette demande d’arbitrage vise à contester la mise sous gestion d’un comité d’administration provisoire à Afriland First Bank CD, la filiale du groupe bancaire en République démocratique du Congo (RDC).
Le milliardaire camerounais Paul Fokam Kammogne, majoritaire au sein d’Afriland First Group, a fait appel aux services du cabinet d’avocats d’affaires international White & Case, basé aux États-Unis, pour l’accompagner dans cette procédure. Les réclamations exactes du plaignant n’ont pas été dévoilées, mais il est clair que le groupe bancaire accuse le gouvernement congolais de vouloir l’exproprier de sa filiale dans laquelle il détient plus de 95% des parts.
Le différend a commencé le 20 juin 2022, lorsque la gouverneure de la Banque Centrale du Congo (BCC), Malangu Kabedi Mbuyi, a annoncé la mise sous gestion d’un conseil d’administration provisoire à Afriland First Bank CD. Ce comité, composé de 7 personnes, est chargé de préparer un plan de redressement pour la banque dans un délai de 180 jours. Cependant, le conseil d’administration d’Afriland First Bank n’a pas accepté cette décision et a demandé son annulation pure et simple, la considérant comme une tentative d’expropriation.
Malgré cette demande, le comité d’administration provisoire est toujours en place et les actionnaires majoritaires d’Afriland First Bank CD ont décidé de saisir la justice locale pour faire valoir leurs droits. L’affaire est en attente de jugement.
Il convient de noter qu’un rapport de la BCC datant du 31 juin 2021 indiquait que la banque se trouvait dans une situation financière confortable, avec des fonds propres estimés à 48,5 millions de dollars américains. Les actionnaires affirment que les modalités de collaboration entre la BCC et Afriland First Bank CD ont été établies depuis septembre 2021, ce qui remet en question la décision de mise sous administration provisoire de la banque.
De son côté, le gouvernement congolais affirme vouloir sauver Afriland First Bank CD de la faillite, ce qui représenterait un risque pour le système bancaire du pays. Pour faire face à la crise que traverse la banque, le gouvernement a annoncé un décaissement imminent de 100 milliards de francs congolais (environ 50 millions de dollars) en garantie à la BCC. Cet appui financier devrait permettre à la banque de normaliser ses opérations bancaires.







