Sur une photo de décembre 1987, Katia Krafft apparaît tout sourire dans sa tenue couleur métallisée, avec un épais bonnet rouge sur la tête. On dirait qu’elle est habillée en cosmonaute, prête à décoller pour l’espace. En arrière-plan, la lave du volcan Pu’u Ô’ô, à Hawaï, qui s’étend à perte de vue nous dit qu’il s’agit bien sûr de la Terre.
Pendant près d’un quart de siècle, elle et son mari parcourent les routes du monde à l’affût de la plus belle source, défiant les forces de la nature et ne reculant devant rien. « Une fois que vous avez vu une éruption, vous ne pouvez plus vous en passer, car elle est si grande, si forte », a-t-elle expliqué dans une vidéo. Surnommés les « Diables des Volcans », Katia et Maurice Krafft ont co-écrit une douzaine de livres, réalisé des films et effectué une tournée de conférences aux quatre coins du globe pour sensibiliser autant au danger qu’à la beauté de ces cratères capables d’émerger avec le fracas de leur sommeil.
De l’Islande à la Colombie, des aventures à travers le monde
En pleine Seconde Guerre mondiale, Katia Krafft est née à la frontière allemande, dans le Haut-Rhin. Enfant agitée, elle est envoyée par son père, ouvrier, et sa mère, institutrice, dans une école religieuse. Tous deux espèrent calmer les ardeurs de la jeune fille insoumise. Elle réussit le concours d’entrée à l’École normale, suit un cursus scientifique en physique-géochimie à l’Université de Strasbourg, puis devient professeur de mathématiques. Son intérêt pour la volcanologie est né tardivement. Les ravages de la guerre ont révélé chez elle une forme de pessimisme. L’être humain n’est pas à la hauteur, juge-t-elle. Alors elle choisit de se tourner vers quelque chose » plus gros « , capable de « incompréhensible ». Le phénomène de la tectonique des plaques, dont dérive la volcanologie, semble méconnu. Elle plonge dedans et n’en ressortira jamais. En 1969, Katia Krafft remporte le Prix de la Fondation des Vocations pour son travail.
De l’Islande en 1973 aux États-Unis en 1980, en passant par la Colombie en 1985, où l’éruption du Nevado del Ruiz a fait plus de 25 000 morts, le nom du couple Krafft reste très fortement associé à des explosions célèbres. Des deux, Maurice était peut-être le plus cascadeur ; il n’a pas hésité à prendre des risques parfois inconsidérés, comme cette fois où il a envisagé de quitter son radeau de fortune pour s’aventurer sur la lave encore coulante. Katia n’était pas moins courageuse.
Comme un papillon attiré par la lumière
L’un et l’autre se risquaient parfois à pénétrer à l’intérieur des cratères pour percer leurs secrets. Une expression célèbre dit qu’ils sont « Attiré par les volcans comme les papillons par la lumière ». Au-delà du privilège personnel et de l’adrénaline procurés par le spectacle des…
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