Il faut se réjouir de cette nouvelle parution d’une série de 17 tomes lancée par Madeleine Rebérioux, dont le premier est sorti en 2009, poursuivi sous la responsabilité de Gilles Candar et de la Société d’études jaurésiennes. L’ensemble, bientôt complet, dépassera largement les dix mille pages, véritable monument digne de l’importance historique de Jean Jaurès. Le volume qui vient d’être publié couvre la période 1910-1912. Son titre est significatif. La Voix du socialisme se matérialise d’abord par les articles remis sur place par son directeur à L’Humanité. Cette « voix » se retrouve dans d’autres périodiques comme la Revue de l’enseignement Primaire et Primaire Supérieur, qui témoigne de l’intérêt de Jaurès pour tout ce qui touche à la formation des jeunes, et à la vie quotidienne toulousaine, la Presse . Là, Jaurès écrit depuis 1887 et, dès les années 1890, il le fait entendre dans cette feuille de radicaux. Enfin, le Journal officiel de la République française donne la transcription directe du discours du député du Tarn en séance, ce qui permet d’apprécier la rigueur de ses démonstrations et son sens de la répartie dans une ambiance parfois courtoise, mais souvent hostile. .
Il faut dire que, si certaines avancées sociales sont esquissées par les gouvernements radicaux, la marche en avant est lente, parfois bloquée par le très conservateur Sénat. Jaurès doit mener de durs combats en faveur des retraites ouvrières et paysannes et pour la réintégration des grévistes des cheminots licenciés ; il soutient les projets d’impôt sur le revenu qui effraient tant les classes dirigeantes ; il prolonge son engagement pour la justice et la vérité en défendant l’enseignant libertaire Francisco Ferrer (« l’affaire Dreyfus en Espagne ») et celui du syndicaliste Jules Durand (« une affaire Dreyfus ouvrière »). Il est favorable à la représentation…
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