L’exercice du pouvoir n’érode pas la popularité de l’extrême droite italienne. Dimanche 12 et lundi 13 février, lors de l’élection en Lombardie, dans la région de Milan, la coalition d’extrême droite et de droite aurait recueilli, selon les sondages à la sortie des urnes, plus de 49,5 % des suffrages. Un score équivalent à celui de 2018. Dans le Latium, la région de Rome, Francesco Rocca, « indépendant » et ancien président de la Croix-Rouge, a porté les couleurs des Frères d’Italie, le parti de Giorgia Meloni, de la Ligue, celui de Matteo Salvini, et Forza Italia, celui de Silvio Berlusconi. Il deviendrait président de région dès le premier tour avec plus de 50,5 % des voix. Une progression d’environ 20 points qui permet à l’extrême droite de s’imposer dans cette région jusqu’ici menée par le centre gauche.
Ce vote avait une vraie valeur de test, car les deux régions représentent un quart de l’électorat italien. Comme lors des élections législatives du 25 septembre qui ont porté au pouvoir la post-fasciste Giorgia Meloni, le niveau d’abstention a atteint des sommets avec 58,3% des inscrits boudant les urnes.
Quelle que soit la stratégie choisie, l’opposition peine à convaincre. En Lombardie, les sociaux-libéraux du Parti démocrate et les populistes de gauche du Mouvement 5 étoiles qui souffrent de cinq ans de pouvoir ont réussi à s’unir. Ensemble, ils recueillent 33 % des voix, soit 9 points de moins que séparés en 2018. Dans la Lazio où ils sont partis divisés, ils obtiennent respectivement au moins 30 % et 10,5 % des voix, soit un total de cinq à dix points de moins de il y a cinq ans. Dans les deux régions, l’Union populaire, dont la principale force est le Parti communiste de refondation, recueillerait 1 à 2 % des suffrages.
Berlusconi en roue libre
Le succès de la coalition de droite n’est pas sans problèmes pour les alliés de Giorgia Meloni, car elle prend l’ascendant. Si Attilio Fontana, membre de la Ligue et chef de file de la coalition, continuera à présider la Lombardie, au scrutin proportionnel qui détermine la composition de l’assemblée régionale, ce sont les Frères d’Italie qui, avec 26 % selon les premiers scrutins comptés , devrait s’imposer comme le premier parti de la coalition dans ce qui fut un fief de la Ligue (16,1% seulement) et de Forza Italia (7,9%). La même tendance est enregistrée dans le Latium, avec 30 % pour les Frères d’Italie et 21,5 % pour la Ligue.
Ce malaise explique les déclarations de Silvio Berlusconi, qui veut représenter la « droit traditionnel » au sein de la coalition et « garant » gouvernement démocratique. Alors que la direction de la radio-télévision publique Rai est sous le feu des critiques des dirigeants des Frères d’Italie, le « Cavaliere » a affirmé dimanche qu’il n’était pas question de renouveler ces instances. Il a également pris ses distances avec la ligne atlantiste…
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