
» Il n’y a pas de service (hospitalier) qui va fermer sèchement », a déclaré François Braun lundi 3 avril au matin, sur BFMTV. En ce jour d’entrée en vigueur de l’article 33 de la loi Rist visant à encadrer l’intérim médical en imposant un plafond salarial de 1.390 euros bruts pour vingt-quatre heures de travail, le ministre de la Santé a tenté de rassurer… avant d’être rattrapé par la réalité .
300 blocs psychiatriques, d’urgence, gériatriques et opératoires menacés de fermeture
Selon un recensement réalisé par le Syndicat national des médecins remplaçants hospitaliers (SNMRH), en date du 2 avril, environ 300 services de psychiatrie, d’urgence, de gériatrie et de bloc opératoire sont actuellement menacés de fermeture imminente ou de réduction drastique d’activité.
Pour les intérimaires, il est impossible de continuer à exercer dans ces conditions. « Nous sommes en grève », affirme le Dr Éric Reboli, président du SNMRH. » On nous a imposé cette mesure, sans concertation, alors que nous subissons les mêmes conditions de travail dégradées que tous les praticiens. Et en plus, on se fait insulter ! »
Outre le tarif, ce sont les propos du ministre de la Santé qui ont permis de braquer les blouses blanches. Pour justifier cette limitation des revenus, votée il y a six ans avant d’être intégrée dans cette loi, il n’a pas hésité à les qualifier de » mercenaires »pratiquer une action cannibale » accusé d’avoir tué « le service public hospitalier ».
Les nerfs des 10 000 remplaçants du pays sont à bout
Les nerfs des 10 000 remplaçants du pays sont donc à vif. « Nous sommes fatigués d’être considérés comme des voleurs, tranche Eric Reboli. D’autant que le ministre a avancé des chiffres complètement faux, 5 000 euros bruts pour un gardien, si ça s’est passé, c’est dans une clinique privée et de façon marginale ! Dans plus de 90 % des cas, on est à 1 000 à 1 600 euros les vingt-quatre heures et 300 euros la journée. On n’entend pas beaucoup en revanche le gouvernement parler d’autres dérives comme les 2,5 milliards d’euros qu’il a dépensés auprès de cabinets de conseil. »
Comme le précise Christophe Prudhomme, représentant de la CGT-santé action sociale et porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France : « Cela stigmatise une minorité d’abus. Dans certains hôpitaux de proximité, 50% de l’activité est réalisée par des intérimaires, sans eux, les structures ne pourraient pas tenir à l’heure actuelle. »
Pour jouer l’apaisement, le ministre de la Santé avait concédé la semaine dernière une augmentation de 20 % du plafond des rémunérations, initialement prévu à 1 170 euros bruts, sans succès. Avec les fermetures de services qui se succèdent faute de bras, comme la pneumologie à Alès (Gard) pour le week-end de Pâques, les urgences pédiatriques de nuit à Douai (Nord) ou, encore, les urgences de l’hôpital privé…
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