Cameroun Actuel

Insécurité : Douala sous le contrôle des « microbes »

Munis de machettes et d’armes blanches diverses, ils ont terrorisé les populations du 3e arrondissement, un mois après les assurances du gouverneur sur le retour de la paix.

Forte présence des forces de maintien de l’ordre (Fmo) dans divers quartiers de l’arrondissement de Douala 3e. Dès les premières heures de la journée du vendredi, 04 juin, des éléments de la police et de la gendarmerie ont pris d’assaut les quartiers Bilongue, Dakar, Tergal,…

A pieds ou à bord de pick-up et de camions, ils sillonnent les artères, les coins et les recoins des quartiers. S’entretenant également avec les populations et les chefs de quartiers, ils appellent ceux-ci à sensibiliser les habitants et à dénoncer tous ceux qui se mettraient en marge de la loi par leurs actes et leurs comportements. Une présence sécuritaire qui rassure les populations.

« Nous nous sommes senties rassurées par la présence des forces de l’ordre. Mais, pour combien de temps. Elles devraient effectuer régulièrement pareilles opérations pour marquer leur présence. Cela permettra sans doute aux délinquants de bien se tenir », explique un habitant du quartier Bilongue.

Une présence sécuritaire qui n’est pas anodine. C’est que, dans la nuit de jeudi à vendredi, une cohorte de jeunes adolescents munis de machettes, couteaux, lattes, gourdins et autres armes blanches ont pris d’assaut les rues de ces quartiers, saccageant tout sur leur passage, poursuivant, frappant et blessant toute personne trouvée sur leur chemin, pillant des boutiques et autres commerces.

Les personnes se trouvant sur l’axe carrefour Brazzaville – rond point – Dakar Elf au moment de leur passage en ont payé les frais. Tout comme les populations des quartiers Bilongue, Tergal et Espoir. C’était la débandade. Le vent de panique qui a soufflé pendant le passage de ces hors-la-loi qui se font appeler « les microbes » a duré longtempsaprès leur passage.

« On avait l’impression qu’ils étaient partout au même moment. J’étais au rond point Dakar lorsqu’ils sont arrivés et en fuyant, j’ai joint ma sœur au téléphone qui me dit qu’ils sont à la Elf. Et lorsque je raccroche, mon frère m’appelle pour me dire qu’ils sont à Bilongue. Il se dit qu’on a assassiné l’un des leurs. Don c’est un retour couplé des agressions », raconte Charlotte.

Celle-ci dit également avoir rejoint la zone industrielle en passant par le quartier Espoir. « Pour entrer ou sortir du quartier Espoir, il fallait présenter sa carte nationale d’identité (Cni) aux éléments de la police qui avaient déjà investi les lieux », poursuit-elle.

Après le passage des « microbes », les routes étaient désertes. Les populations ayant fui pour sauver leur vie. Pour ce qui est du bilan humain, l’on note de nombreux blessés. Certains parlent d’un mort qui aurait été enregistré au quartier Tergal. Une nouvelle démonstration de force des ces « microbes », qui intervient environ un mois après la dernière sortie du gouverneur de la région du Littoral qui se prononçait sur cette question.

Le 10 mai dernier, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua indiquait que « Douala a connu, juste le temps d’un week-end, un phénomène qu’on appelle les microbes ». Et, rassurant la presse présente à cette rencontre, sur la quiétude et la sécurité qui régneront désormais dans les quartiers de la capitale économique, il lança un défi : « Je mets au défi tous ces internautes de nous montrer tous ces quartiers où ces microbes sont rassemblés pour faire leur sale besogne. La ville de Douala et la région du Littoral sont bien tenues ». Un défi relevé par les « microbes », un mois plus tard.

Et ils ne sont pas à leur premier acte. La première sortie de ces microbes remonte au 03 novembre 2019. Une sortie au cours de laquelle, ils avaient terrorisé les quartiers Akwa, Bonapriso, Bali, New-Bell, Nkoulouloun, camp Yabassi… En mars 2020, ils avaient terrorisé les populations des quartiers Brazzaville et Dakar avant de s’en prendre aux usagers de l’axe Ndokoti -Ange Raphaël dans la nuit du 3 octobre 2020. Une semaine plus tard, Iffsamedi 10 octobre, ce sera le tour des usagers de Deido de subir la loi des « microbes ».

À l’issue des attaques de Ndokoti et de Deido, 39 « microbes » ont été interpellés par les éléments de la police et de la gendarmerie et placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Douala à New-Bell. Un coup de force des forces de l’ordre qui n’a pas refroidi l’ardeur de ces délinquants.

Mutations

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