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Histoire germano-camerounaise : au-delà d’un héros, la naissance d’un pays

L’exposition sur Rudolf Douala Manga Bell en Allemagne raconte en réalité les prémices d’une nation et son ouverture au monde.

Au commencement était le Wouri. Ce fleuve dont l’un des produits, dans des langues venues d’ailleurs, a donné son nom d’abord à la localité qui le borde, ensuite à tout un pays. Ce fleuve, dont les voies ont été remontées par des étrangers, pas toujours bien intentionnés, qui a ouvert le territoire sur ses berges et les terres intérieures au monde entier. Et c’est cela que l’exposition « Hey Hamburg, do you know Duala Manga Bell? », ouverte au musée Markk de Hambourg en Allemagne depuis le mois d’avril 2021, veut mettre en exergue.

Ainsi, plus qu’un hommage à celui qui est considéré comme le premier héros du nationalisme camerounais, cette exposition patrimoniale raconte l’histoire de la naissance du Cameroun, qui part des relations commerciales entre un port, celui de Hambourg, ses compagnies, et un village qui deviendra plus tard Douala.

Ce caractère englobant de l’histoire germano-camerounaise, le centre d’art contemporain Doual’art a à cœur de le partager avec les locaux.

C’est dans ce sens que l’espace a pensé une série de visites virtuelles de l’expo à partir de Douala, dont la session pilote s’est déroulée dans ses locaux le 27 mai dernier. Ceci pour permettre au public basé au Cameroun de découvrir une autre facette de leur pays en général, et de Douala en particulier, à travers des photos inédites d’une ville déjà cosmopolite, plaque tournante du commerce extérieur, dès la fin des années 1800. En plus des photos, il y a des documents d’archives authentiques, des objets dont une bonne partie vient du fonds de collection de la réserve du musée Markk.

Et bien entendu, parce que c’est lui le prétexte de cette expo, Rudolf est révélé à partir entre autres des archives conservées par sa famille d’accueil en Allemagne, quand il y est allé pour poursuivre ses études.

On découvre la vie de l’initié de la société secrète des Isango, son combat contre l’expropriation de son peuple, ses efforts de ralliement d’autres résistants dans ce Cameroun qui prend forme… C’est aussi l’occasion de laisser la place à d’autres nationalistes, parmi lesquels ses compagnons de lutte, son secrétaire Adolf Ngosso Din et la fiancée de ce dernier, Maria Mandessi Bell, mère d’Iwiy’a Kala Lobé. Elle a droit à un focus au sein de l’exposition. On retrouve aussi Ruben Um Nyobè, Ernest Ouandié, Félix Moumié, etc.

« Hey Hamburg, do you know Duala Manga Bell? », qui s’achève en fin 2022, est attendue à Douala en 2023 et ce n’est que le début d’un vaste projet de restitution de l’histoire profonde du Cameroun aux générations actuelles et futures.

Cameroon tribune

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