Cameroun Actuel

Hiram Samuel Iyodi : « le Cameroun n’a jamais été libre »

Le candidat à la présidentielle du Front des Démocrates Camerounais, Hiram Samuel Iyodi, a appelé les Camerounais à s’opposer au néocolonialisme français.

Dans une lettre datée du 14 août, cet homme de 37 ans a déclaré que « le Cameroun n’a jamais été libre », exhortant les citoyens à lutter pour la liberté, un objectif qu’il estime réalisable s’ils se mobilisent massivement pour voter lors de la prochaine élection présidentielle prévue le 12 octobre.

La déclaration d’Hiram était une réponse à la lettre du président français Emmanuel Macron au président camerounais Paul Biya, reconnaissant que la France avait mené une guerre contre les combattants indépendantistes camerounais après la Seconde Guerre mondiale.

Cette guerre a entraîné la mort de centaines de milliers de personnes, dont des dirigeants nationalistes comme Ruben Um Nyobe.

« La lettre du président Macron est à la fois un acte de reconnaissance et un appel à affronter la vérité : le Cameroun n’a jamais été libre », a déclaré Hiram.

« Cette liberté, c’est à nous de la conquérir, non pas par des tractations politiques en coulisses, mais par la mobilisation du peuple. Il est temps d’écrire notre propre histoire, de rejeter la continuité coloniale et de construire un Cameroun juste, digne et souverain », a-t-il ajouté.

C’était la première fois que la France reconnaissait officiellement ses « atrocités sanglantes » commises au Cameroun entre 1945 et 1971.

Une commission mixte a établi les faits

En 2022, lors de sa visite au Cameroun, Emmanuel Macron a annoncé, aux côtés de Biya, la création d’une commission mixte chargée d’examiner le rôle de la France dans les atrocités pré et postcoloniales commises dans le pays.

Cette annonce faisait suite à des années de pression et de plaidoyer pour que la France s’attaque aux souffrances infligées aux Camerounais.

La commission, composée d’historiens camerounais et français, a confirmé l’existence d’une répression généralisée.

Elle a également constaté que ces atrocités avaient été perpétrées avec le soutien des autorités camerounaises.

« Des dizaines de milliers de Camerounais ont été exécutés, torturés, emprisonnés ou massacrés. Des villages entiers ont été rasés. Des figures de notre lutte pour la souveraineté, parmi lesquelles Ruben Um Nyobě, Félix Moumié et Ernest Ouandié, ont été assassinées, souvent avec la complicité des structures de pouvoir établies à l’aube de notre prétendue indépendance », a déclaré Hiram.

« Au-delà des mots, la lettre du président français révèle une vérité silencieuse mais fondamentale : la France n’a pas agi seule. Elle a agi avec la collaboration active du régime camerounais post-indépendance, un régime toujours au pouvoir. Plus qu’une révélation de notre passé enfoui, le président Macron a exposé les racines de notre présent confisqué », a-t-il ajouté.

Pour lui, le régime actuel est « à la fois l’héritier et le complice des formes les plus violentes et répressives du système colonial ».

Cette continuité du pouvoir, que nous subissons depuis 1960 et qui perdure encore en 2025, ne peut être réduite à une simple longévité politique. Elle prouve, de manière irréfutable, qu’il n’y a jamais eu de véritable rupture entre la domination coloniale et le régime postcolonial.

À la recherche d’une nouvelle voie

Hiram a soutenu qu’« une république libre ne peut être construite sur les ruines de mensonges cautionnés par l’État, ni une nation guérir en confiant ses blessures aux complices mêmes de ses souffrances ».

Il a appelé à une « rupture avec l’ordre ancien – une rupture avec les pratiques héritées de la colonisation et avec ceux qui, pendant 65 ans, ont gouverné le Cameroun sous un système qui ne sert ni notre peuple, ni notre dignité, ni notre avenir ».

Parmi ses propositions figuraient la création d’un Haut Conseil national pour la mémoire et la souveraineté, composé de représentants des chefferies traditionnelles, de la diaspora, du monde universitaire et des familles des martyrs de la guerre de libération ; la création d’un Mémorial national pour les victimes de la répression coloniale et postcoloniale ; et la reconnaissance officielle d’une Journée nationale des héros de la résistance camerounaise.

Ce n’est qu’à cette condition, a-t-il soutenu, que le Cameroun pourra « véritablement refonder son État, afin que la nation appartienne enfin à ses enfants, et non à ceux qui ont trahi la promesse de son indépendance ».

Cameroun Actuel
Me suivre

Laisser un commentaire

Dernières nouvelles

Suivez-nous !

Lire aussi

Activer les Notifications OK Non Merci