La mort tragique de deux enfants dans une garderie de Laval est un rappel sordide de l’horreur à laquelle sont confrontés les premiers répondants. Un paramédic d’Urgences-santé et un policier de Montréal en état de choc post-traumatique ont accepté de témoigner dans l’espoir de briser les tabous en santé mentale.
Un ambulancier d’Urgences-santé qui est traité depuis plus de deux ans pour un trouble de stress post-traumatique appelle les premiers intervenants à prioriser leur santé mentale malgré l’attachement profond à leur profession.
« Aujourd’hui, je suis fier d’avoir des larmes, car cela fait partie du fait que je suis un humain », déclare sans détour Benoît Touchette.
Cet ambulancier de soins avancés pourrait retrouver en mai prochain le métier qu’il exerce depuis 32 ans.
Il cherche désormais à rassurer ceux qui hésitent à reconnaître leurs faiblesses.
« Nous ne devons pas avoir peur ou être gênés par ce qui nous arrive », insiste-t-il.
Benoit Touchette a lui-même heurté un mur à l’été 2018, après avoir été transporté d’urgence sur les lieux de la mort d’un enfant.
« Ce n’est pas grand-chose », se dit-il à l’époque. J’ai repris la route. J’y ai pensé [à l’intervention] dans les deux, trois prochains jours. […] J’ai réussi à le mettre dans un tiroir et à fermer le couvercle. »
entendre des cris
Pourtant, le triste événement ressurgit dans sa mémoire deux ans plus tard lorsque l’équipe des communications d’Urgences-santé fait appel à lui pour sensibiliser le public à l’aube de l’été.
« J’ai dû me lever de mon poste de travail, aller vomir dans les toilettes, la diarrhée, trempée. Les odeurs, les sensations tactiles de l’événement me sont revenues entre les mains. Cris. J’entendais des gens crier, et pourtant j’étais seul », se souvient le père de famille.
chute
Dans les mois qui ont suivi, divers symptômes tels que des terreurs nocturnes et des cauchemars ont commencé à apparaître.
Benoit Touchette ignorait que tout était lié à son traumatisme, croyant qu’il s’agissait d’épuisement professionnel.
Après des vacances, l’état de l’ambulancier s’est aggravé.
« Pour la première fois de ma vie, chaque fois que je me levais le matin, quand je prenais la décision d’aller travailler, j’ai vomi deux ou trois fois », raconte-t-il. J’ai pleuré pendant tout le trajet jusqu’au travail. »
Inquiet, son entourage l’encourage à demander de l’aide, mais il est réticent.
« C’était accepter d’être dans le rôle du patient, celui qui reçoit l’aide, et non celui qui la donne, évoque-t-il. C’était l’étape la plus difficile. »
Puis vint le jour du 28 décembre 2020.
« Je retourne travailler, mon patron m’attend. Hélène [Brouillet, psychologue chez Urgences-santé] est en ligne. Elle m’a dit : « Benoit, tu ne rentres pas aujourd’hui. C’est fini. Tu prends soin de toi. » Sans…
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