Stéphane Maugendre Avocat, Président honoraire du Groupe d’information et d’accompagnement des immigrés (Gisti)
Ayons le courage d’asseoir la liberté de circulation avec un titre de séjour durable et des politiques inclusives d’accueil et de séjour.
Il existe une continuité entre les gouvernements de droite et de gauche dans la conduite d’une politique migratoire restrictive et plus ou moins répressive. Mais, il y a eu des mesures innovantes intéressantes comme la carte de résident de dix ans sous François Mitterrand. C’était assez révolutionnaire comme véritable outil d’intégration et de participation à la vie de la cité. Aujourd’hui, au lieu de rogner encore et encore sur la carte de résident décennale, ayons le courage, comme le font d’autres pays (Espagne, Italie, Portugal par exemple), de mettre en place la carte de séjour illimitée. Un titre de séjour durable favoriserait l’inclusion.
Au Groupe d’information et de soutien aux immigrants, nous continuons à défendre la liberté de mouvement. Aucun gouvernement ou groupe politique de gauche n’a jamais ouvert une réflexion sur la liberté de circulation. rappelons-nous que la première et grande expérience d’ouverture des frontières qui a fonctionné et qui fonctionne, c’est l’Europe. De cinq pays, nous sommes arrivés à 27. Qui se souvient des discours tenus à l’époque à chaque ouverture de l’Europe : « Nous allons être envahis par les Grecs, par les Portugais », « le plombier polonais prendra le travail des français »etc. Cette liberté de mouvement n’a pas provoqué une invasion ou une invasion de la « vieille Europe » par « des hordes de Polonais ou de Grecs ».
« La tendance actuelle est à la précarisation du statut des étrangers. On crée ainsi une masse d’individus qu’on peut forcer à travailler à volonté et qui tombent dans la misère sociale. »
La libre circulation doit s’accompagner de politiques inclusives d’accueil et de séjour. Cependant, la tendance actuelle est à la précarisation du statut des étrangers. Cela revient à retirer le droit de séjour aux personnes qui sont déjà sur le territoire dans la vie sociale. On crée ainsi ce qu’on appelle les « ni-ni » (non détachables et sans titre de séjour), et donc une masse d’individus qu’on peut forcer à travailler à volonté et qui tombent dans la misère sociale. Loin d’une vision utilitariste de la migration de travail, nous sommes pour la régularisation de tous les sans-papiers. Des pans entiers de l’économie ne vivent que grâce à une population immigrée clandestine. Le Medef se plaint d’un manque de 200 000 à 300 000 personnes dans la restauration-hôtellerie ou dans le BTP. De nombreux patrons souhaitent leur régularisation. Des régularisations ont lieu régulièrement et partout en Europe.
L’argumentation de Le « courant d’air » ne tient pas, comme le démontrent de…
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