Le Conseil d’administration du Laboratoire national du Génie civil (Labogenie) tenu le 15 juin 2023 sous les auspices de son président, Shey Jones Yembe, a rendu publiques, les performances de l’année 2022. De ce rapport, il ressort que les chiffres produits par cette structure étatique sont globalement négatifs.
En effet, l’entreprise dirigée par Jean Moufo totalise un résultat net après impôts de 240, 930 millions de FCFA. Il est en baisse de 522,539 millions de FCFA (-68,4%) comparé à l’année 2021 où l’entreprise affichait 763,469 millions de FCFA. Dans le même temps, c’est le plus faible bénéfice du Labogenie sur les trois dernières années après 380,684 millions en 2020.
De plus, après 6,2 milliards de FCFA en 2020 et 6,027 milliards en 2021, le chiffre d’affaires du Labogenie a chuté de 1, 719 milliard (-28,65%) pour se situer à 4,281 milliards de FCFA en 2022.
Par contre, le total bilan (somme des actifs et passifs de l’entreprise, Ndlr) a poursuivi sa tendance haussière. Après 17, 569 milliards de F en 2020, il atteint 19,498 milliards de F contre 19,778 milliards de F soit une hausse de 280 millions de F(+1,41%) en glissement annuel.
Le Conseil d’administration n’avance pas les raisons qui expliquent la contreperformance de cette structure qui se charge entre autres, de définir, programmer et réguler les prestations géotechniques de tous les travaux d’infrastructures publiques, en relation avec les ministères et organismes concernés. Cependant, il n’y a aucun doute que la société placée sous la tutelle du ministère des Travaux publics(Mintp), fait face à des difficultés financières dues notamment au manque de subventions.
« Le Labogénie n’a pas de subventions. Pour produire, si je n’ai pas de clientèle, et si on ne se bat pas pour produire et recouvrer, on ne peut même pas générer la logistique, ni payer les salaires. Et quand on paie les salaires, il faut aussi payer les redevances sociales », s’est-il plaint au poste national le 2 juillet dernier, le Directeur général du Labogenie, Jean Moufo.
Les résultats en baisse de cette structure vieille de 70 ans (créée en 1953, Ndlr) au cours de l’année écoulée peuvent également apporter une esquisse de réponse à la grève qui y sévit depuis le 26 juin dernier. Du point de vue pécuniaire, le personnel en grève revendique notamment, « le paiement de tous les aérés des primes du personnel affecté sur le chantier ; le paiement des aérés de salaires de certains personnels ; la revalorisation des salaires conformément à la Convention collective de 2013, non déclaration des salaires à la Cnps, le gel des avancements depuis 2018, etc.».
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